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Pour un calendrier électoral tenable…

Pour un calendrier électoral tenable…

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Etre présent (e) là où se discute toute affaire de (la) famille est et reste la voie de la sagesse. Même quand on n’est pas d’accord avec la communauté, au moins on y a voix au chapitre, droit à la parole. Surtout, comme c’est le cas du député national Adolphe Muzito, on perçoit régulièrement et sans états d’âme ses émoluments en tant que parlementaire pendant qu’on a conscience de ne jamais prendre part aux travaux de l’Assemblée nationale depuis l’installation de cette chambre en février 2019. Voici plus de 30 mois. 

Date à retenir pour cette livraison : vendredi 3 septembre 2021.

Face aux acteurs politiques et sociaux, aux diplomates et aux médias invités à sa conférence de presse, le tandem Fayulu-Muzito publie son projet de calendrier électoral à la place de la Céni. Il démontre la possibilité de tenir les élections dans les délais constitutionnels notamment,  la présidentielle au travers de la convocation du corps électoral 90 jours avant la fin du mandat du Président de la République en place, soit le 22 octobre 2023.

Pas de surprise : c’est un exercice auquel Martin Fayulu habitue les Congolais. Le 19 janvier 2015, il l’avait fait avec la marche boycottée par l’Udps que le président de l’ECIDé  voulait déjà à l’époque contourner.

Répartie de Peter Kazadi à cette proposition : “Aucun autre Congolais, en dehors de la CENI, ne peut publier le calendrier électoral. J’apprécie les efforts que fournit Martin Fayulu pour jouer son rôle d’opposant”, avant de l’inviter à “ verser ses propositions à la CENI. Si elles sont bonnes, elles seront retenues“, et de déclarer : “Il faut arrêter d’intoxiquer la population”.

A l’instar de Muzito, Fayulu, lui aussi, est député national élu pour la législature actuelle, même s’il a refilé son mandat à sa suppléante.

A deux, leur aile Lamuka aurait eu toute la capacité de faire bouger les lignes au sein de la chambre basse.

Hélas ! Ils ont fait deux choix compliqués : le second, comme relevé ci-dessus, s’est désisté en faveur de sa première suppléante pendant que le premier garde son mandat en ne s’intéressant qu’aux espèces sonnantes et trébuchantes.

Entre-temps, ils en appellent à un dialogue. « L’étape urgente, c’est le consensus pour qu’on fasse un texte organisant la Céni qui soit le plus neutre possible, qui ne soit pas politique. Pour cela, il faut qu’on se retrouve et qu’on discute. Cela va être le déclic pour la suite», plaide l’ancien Premier ministre.

Hier chantre des élections à organiser en pyramide renversée (de la base au sommet), Martin Fayulu prône maintenant l’inverse. Au cours de la conférence de presse, il se veut et se fait déjà alarmiste : “Vous voulez créer davantage l’instabilité en allant dans nos chefferies, dans nos villages en mettant des gens qui vont se disputer le pouvoir matin, midi et soir ? Vous savez que les élections locales sont des élections de famille : si un cousin n’est pas élu, il croit qu’il on a mis un autre cousin à sa place et ils vont provoquer des guerres. Et c’est ça que les gens veulent. Nous, nous disons que nous avons besoin des élections locales, mais il faut d’abord rationaliser l’élection présidentielle, rationaliser les élections législatives nationales et provinciales pour que ces institutions travaillent sérieusement et proprement pour mettre de l’ordre dans le pays», déclare-t-il d’un trait.

Evidemment, si nous commençons à réfléchir de cette façon, les élections à la base n’auront jamais lieu au Congo.

A dire vrai, le tandem Fayulu-Muzito ne vise que la présidentielle avec législatives combinées, formant sans doute l’espoir d’un ticket “ Président de la République-Premier ministre”. Un remake Cach !

On est libre de rêver.

Il est toutefois interdit de rêver lorsqu’on connaît la finalité de tous les dialogues qui se déroulent au pays depuis 1960, de Madagascar à Sun City à l’extérieur , de Coquilhatville (Mbandaka) au Centre interdiocésain à l’intérieur. Ils finissent au partage équitable et équilibré du pouvoir.

D’ailleurs, dans son plan de sortie de crise émis en 2019, Martin Fayulu s’offrait déjà la présidence de l’institution (à créer) dénommée “ Haut Conseil pour les Réformes Institutionnelles”.

Puisque c’est de cela qu’il ne peut que s’agir, il y a lieu d’avoir le courage d’en appeler ouvertement à une énième Transition (c’est le principe établi par tout dialogue) au lieu de recourir au subterfuge des délais constitutionnels pour la convocation du corps électoral, puis ce sera pour la campagne électorale, puis etc.

On n’a pas à se gêner de le dire : tout le monde aspire à de bonnes élections. Au-delà de la mise en place du Bureau de la Céni, il y a toute une machine à mettre en place. Une grosse machine nécessitant intelligences, argent, logistique, mais aussi volonté et capacité.

Les expériences de 2006, 2011 et 2018 ayant produit les résultats connus, rien n’oblige les Congolais à répéter les mêmes erreurs sous la  pression d’un calendrier difficilement tenable.

Tirée de ces expériences, la sagesse plaide pour un calendrier électoral tenable.

Cela ne relève pas de l’impossible.

Bien au contraire.

Omer Nsongo die Lema/CP