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Mort le 22 septembre 1985/36 ans après, les os de Dr Nico réclament une reconnaissance nationale 

Mort le 22 septembre 1985/36 ans après, les os de Dr Nico réclament une reconnaissance nationale 

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Il était l’un des meilleures et incomparable parmi les pionniers de musiciens qui ont posé des jalons solides dans la construction de la Rumba congolaise moderne. Lui, c’est Dr Nico Kassanda. Pour les uns et les autres, Dr Nico Kassanda restera le père de la guitare en République Démocratique du Congo. Car, dans les annales, son nom est écrit et considéré comme le génie artistique dans le fondement rythmique de la musique congolaise moderne.

Malgré sa contribution monumentale dans la construction de cette Rumba, Nico Kassanda n’a jamais bénéficié à titre posthume d’un mérite national comme ses collègues Tabu Ley, Grand Franco ou encore  Simaro Lutumba dont certaines avenues à Kinshasa portent aujourd’hui les noms de chacun.

Dans la Ville métropole congolaise, l’Avenue Tombalbye dans la commune de la Gombe a été débaptisée au nom de Tabu Ley Rochereau. Dans la commune de Barumbu, l’Avenue du  Flambeau a été transformée à l’Avenue Joseph Kabasele Grand Kallé. Tandis que le nom de l’avenue Bokasa a été remplacé par  Franco Luambo Makiadi. Au quartier Matonge dans la commune de Kalamu, il existe déjà un projet pour rebaptiser une Avenue au nom de Papa Wemba qui est décédé il y a six ans passés.

Dr Nico, un pionnier oublié au pays de la Rumba

Par contre, il est fort regrettable de constater que celui que le Congo culturel avait surnommé en son temps le « dieu de la guitare », n’a toujours pas été honoré au même titre que ses collègues précités.

Et, pourtant, Dr Nico était décédé le 22 septembre 1985 à  l’Hôpital St Luc de Bruxelles en Belgique, en l’âge de 46 ans. Les morts ne sont pas, dit-on. Dans sa tombe, l’illustre disparu n’est pas content qu’il soit oublié jusqu’à ce point  par les congolais alors qu’il a su bien jouer sa participation à la gloire du Congo. 36 ans après sa  disparition, le commun des mortels trouvent injuste que cette icône qui a forgé et façonné une sonorité foisonnante et envoûtante de la musique soit reléguée au second plan  et sans référence à Kinshasa, terre sacrée de la Rumba, patrimoine de l’humanité.

Cependant,  les Kinois estiment raisonnable et très patriotique que l’avenue  Wangata ou Huileries soit débaptisée au nom de  Nico Kassanda afin de l’honorer à titre posthume et surtout de perpétuer sa mémoire dans l’histoire du pays.

Il  faut reconnaître que son immense talent et son vibrato hantent encore aujourd’hui de nombreux guitaristes du continent africain.

Jusqu’à la tombe, il restera le Guitariste solo de référence le plus adulé dans l’histoire de la musique congolaise moderne.

Certains professionnels de l’art témoignent que Dr Nico est inimitable et exceptionnel. Il jouait sa guitare avec le cœur et ses doigts exécutaient l’expression d’un langage mélancolique face à ses mélomanes. Il avait le sens de la spontanéité poussé de l’improvisation qui caractérisait son style.

Zoom sur le dieu de la guitare

Son parcours renseigne  que Dr Nico, de son vrai nom Nicolas Kassanda wa Mikalay, est né le 7 juillet 1939 à Mikalay dans la province du Kasaï. Sa passion avec l’art Orphée s’est vite développé tout justement à 9 ans lorsqu’il commence à jouer à la guitare.

C’est en  1950, le jeune guitariste fait finalement son entrée dans l’African Jazz de Joseph Kabasele.

Apparu sur la scène musicale congolaise en 1953, à l’âge de 14 ans, le guitariste Nico  Kasanda fut comblé si tôt de l’immense succès obtenu par l’avènement de l’African Jazz. Son art va mériter une large reconnaissance. Il est un prodige de la mise en place rythmique. Et la relative sagesse de ses improvisations n’exclut pas de belles fulgurances jouées avec une parfaite maîtrise instrumentale.

Grâce à sa prouesse et surtout son génie créatif, il va vite impressionner le public qui le surnomma “Docteur” pour illustrer sa virtuosité et précision dans sa technicité dans la manière de gratter l’instrument à six cordes.

En 1959, à la Table ronde de Bruxelles, Dr Nico marquera de ses griffes de guitare sophistiquée la chanson “Indépendance ChaCha”.

Trois ans plus tard, il fonde l’African Fiesta avec Tabu Ley “Rochereau”.

Sur le plan discographique, beaucoup parmi les meilleures des classiques compositions de la première génération des pionniers de la Rumba congolaise portent sa signature. Nico Kassanda a surtout marqué ses empreintes dans les chansons à succès telles que ‘‘Ngalula’’, “Nico alekaki”, “Bougie yamotema”, “Marie Pauline”, “Sanza zomi na mibale” ou encore “Bolingo ya sens unique” qui feront les beaux jours de tous les mélomanes des deux Congo durant les années 60-70.

Jusqu’à nos jours ses chansons égayent encore et toujours les yéyés et sa guitare inspire la génération montante. Car son doigté a fait une école. Dr Nico ne mourra jamais dans notre subconscient malgré l’ingratitude nationale des Congolais. Il restera à jamais un virtuose de la guitare.

Jordache Diala