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Le Rapport Mapping dans les oubliettes/Le groupe de travail sur la justice transitionnelle hausse le ton  

Le Rapport Mapping dans les oubliettes/Le groupe de travail sur la justice transitionnelle hausse le ton  

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Onze ans après sa publication, soit le 1er octobre 2010, le Groupe de travail sur la justice transitionnelle s’interroge sur la place qu’occupe le Rapport Mapping.

Ce groupe évoque, de ce fait, les raisons qui l’ont incité à mener le combat pour la mise en place de la justice transitionnelle pour la République Démocratique du Congo au regard des atrocités commises dans la partie du pays.

En effet, Me Thérèse Kulungu Mbungu, Coordinatrice dudit groupe raconte les  violations graves de crimes contre l’humanité et crimes de guerre perpétrés entre mars 1993 et Juin 2003 qui, par ailleurs, ont poussé son organisation à s’interroger sur la mise en application du Rapport Mapping publié par les Nations Unies à travers sa représentation de l’époque, la MONUC, actuellement  MONUSCO. «Ces crimes orchestrés par les groupes armés sont chiffrés par la mission des Nations Unies au nombre de 617. Qui jusqu’à ce jour pour le groupe de travail sur la justice transitionnelle demeurent impunis», a-t-elle notifié.

En marge de ce freinage sur l’applicabilité de ce Rapport, le groupe se préoccupe de la persistance de l’insécurité dans la partie Est de la République Démocratique  du Congo ou des précédents crimes ont été commis.

Onze ans après, le groupe de travail sur la justice transitionnelle fait un constat alarmant que ce rapport reste inexploité, puisque les présumés coupables figurants dans ce rapport occupent de nos jours des postes de responsabilités retardant ainsi la mise en place de ce rapport qui, par ailleurs, avait suscité une lueur d’espoir auprès des personnes victimes. «Grâce notamment aux recommandations qui ont été faites de recourir à la justice transitionnelle : vérité, justice, réconciliation et la garantie de non répétition conformément à la page 458 dudit rapport, l’institution d’un tribunal pénal international pour la République Démocratique du Congo, afin de juger les crimes de génocide, crimes contre l’humanité. La mise en place des chambres spécialisées mixtes, la création  d’une commission nationale  vérité et réconciliation chargée de rétablir la vérité et de promouvoir la paix, la justice et la réconciliation nationales (résolution DIC /CPR/04) », a-t-elle souligné.

Par ailleurs, ce groupe souligne que dans sa déclaration du 09 septembre 2021, le Dr Dénis Mukwenge, le Prix  Nobel de la Paix  retrace un tableau sombre de la situation dans la partie Est de la RDC : ‘’la situation qui prévaut dans cette région touchée par les conflits armés depuis de décennies est la deuxième crise humanitaire la plus grave au monde …’’.

Prenant également place à ces assises, le responsable de l’unité de la justice transitionnelle et de la lutte contre l’impunité au sein de CNDH, Escola Coulbaly a précisé que le Rapport Mapping est un rapport élaboré par les Nations Unies et  la société civile congolaise, et que le fait que ce rapport soit là , exprime déjà le commencement  d’une preuve qu’il devrait servir comme élément d’instruction, d’investigation et de débats à la barre.

Participant notamment, pour le compte de la Ministre des Droits Humains empêchée, le conseiller en charge de la justice transitionnelle, Maître Joseph Kasa a soutenu que pour sa part, l’Etat congolais a déjà activé  tous les mécanismes possibles  en vue de rendre effectif la justice transitionnelle en mettant en place  une commission mixte  entre la présidence de la République, le ministre des droits humains, de la justice  et de la société civile pour définir la boussole sur la justice transitionnelle. Par la même occasion, il en a profité pour rassurer que les résultats sur la justice transitionnelle seront palpables dans les jours à venir.

Pour clôturer le chapitre d’intervention, le comité de gestion sur la justice transitionnelle émet le vœu de voir le président de la République concrétiser son engagement à faire adopter une stratégie nationale holistique de justice transitionnelle et à demander de manière expresse aux nations unies  d’établir un tribunal pénal pour la République  Démocratique du Congo et le soutien à la mise en place  des chambres  spécialisées mixtes pour rendre justice aux victimes des crimes les plus  graves et mettre fin à la culture de l’impunité qui alimente les conflits en Rdc depuis les années 90.

Landry Lumbwe