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Un giga barrage hydroélectrique dans le parc national de l’Upemba/La société civile environnementale s’inscrit en faux pour son érection afin de  sauver des vies

Un giga barrage hydroélectrique dans le parc national de l’Upemba/La société civile environnementale s’inscrit en faux pour son érection afin de  sauver des vies

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A travers une lettre adressée au Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, le mardi 5 octobre 2021 et dont une copie est parvenue au quotidien ‘’La Prospérité’’, la société civile secteur environnement dit non à l’érection d’un giga barrage hydroélectrique dans le parc national de l’Upemba, dans le bassin de la Lufira, en province du Haut Katanga. Selon cette société civile, ce barrage une fois érigé, il y aura des conséquences incalculables sur la protection de l’environnement mais aussi sur les moyens de subsistance de plusieurs communautés riveraines.

A en croire Sylvain Nganduli, acteur de la branche de la société civile de la RDC et un des hauts cadres de la Fédération des Coopératives des Pêcheurs Individuels du Lac Edouard, en sigle FECOPEILE, qui a lu ladite déclaration devant la presse en ville de Goma, c’est depuis le mois de novembre 2019 que des travaux de construction du barrage hydroélectrique de Sombwe ont été lancés sur la rivière de Lufira, en plein parc de l’Upemba et cela au mépris des principes fondamentaux de la constitution, des lois organiques en matière de la protection de l’environnement et des aires protégées, des lois internationales et de la volonté politique alors que la RDC joue un grand rôle dans la protection de la biosphère au niveau mondial.

Pour lui, la réalisation de ce projet doit être stoppée par le Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, le plus vite possible afin d’éviter des graves risques, de la perte des espèces animales et violations des droits environnementaux, et dont le plus grand risque est la destruction rapide de l’écosystème fragile qui est le parc national de l’Upemba.

«Ce projet présente aussi comme danger, la diminution du volume d’eau dans les lacs de dépression de Kamalondo (Lac Upemba, Lac Kasale, Lac Kayumba, Lac Nyunda, Lac Mulenda, Lac Kapondwe, …), vu que pour prélever l’eau de la rivière Lufira afin de remplir le bassin de rétention, il faut plusieurs milliers de mètres cubes d’eau envisageable pour 2 ans et plus, et cela va modifier négativement l’alimentation des lacs de la dépression qui dépendent à plus de 40% de ce flux », a-t-il déclaré.

«Il y aura aussi les effets dévastateurs des espèces halieutiques endémiques qui constituent la seule source des moyens de subsistance pour plus de 100.000 ménages habitants les territoires de Mitwaba, Malemba-Nkulu et Bukama de leur activité principale qui n’est autre que la pêche avec la perte estimée à environ 60 km carré des terres forestières dans le Haut Katanga suite aux changements dans l’hydrologie et la charge sédimentaire en aval de la rivière», a-t-il poursuivi. Avant de souligner que face à tous ses dangers dont les populations riveraines seront les plus perdantes, sa structure demande à Félix Tshisekedi en tant que parent de tous les Congolais d’ordonner la cessation de toutes les activités qui constituent une menace pour la biodiversité dans cette région, cela avec l’érection du barrage hydroélectrique de Sombwe dans la rivière Lufira et à l’intérieur du parc national de l’Upemba alors qu’elle fait partie des moyens de subsistance des communautés locales.

La société civile environnementale diligente des études pour l’évaluation du potentiel hydroélectrique de la région et qui reste favorable aux projets de la production de l’électricité en dehors des aires protégées, comme cela a été le cas au Nord-Kivu avec l’alliance Virunga qui n’a pas impacté le Parc national de Virunga, qui est un des patrimoines mondiaux de l’UNESCO.

Outre ces recommandations, elle lui demande également de faire annuler purement et simplement les actes juridiques ayant été pris en violation de la loi pour permettre l’érection des ouvrages dont l’objet et la nature portent atteintes à la destination du parc national de l’Upemba. D’initier des actes concrets d’accompagnement des gestionnaires des aires protégées dans leur grand combat contre leur envahisseur. De mettre à la disposition de la justice  l’ancien directeur général de l’ICCN et tous les agents qui se sont compromis dans la gestion calamiteuse des aires protégées en RDC, conclut Sylvain Nganduli.

Geullord Risasi