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Revue historique de la RDC/Qu’est-ce qui n’a pas été dit ou écrit ? (1er Episode)

Revue historique de la RDC/Qu’est-ce qui n’a pas été dit ou écrit ? (1er Episode)

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(Par Eugène Khonde)

Qu’est-ce qui n’a pas été dit ou écrit ? Constitue un témoignage d’un professionnel des médias. Un témoin oculaire des multiples événements qui se sont succédé en République Démocratique du Congo depuis 2001, année de prise de pouvoir de Joseph Kabila, après l’assassinat de son père Laurent Désiré Kabila. Qu’est-ce qui n’a pas été dit ou écrit ? Cette question vaut son pesant d’or, dans la mesure où elle permet d’éclairer la lanterne de l’opinion mais surtout, celle de la jeunesse congolaise qui n’a pas suffisamment d’informations sur d’où l’on vient, où en est-on, et où allons-nous ? Cette jeunesse parfois déconnectée de méandres de la vie socio-politico-économique pense que le monde a toujours fonctionné ainsi, sans repère aux normes, sans effort d’entreprendre ou de poser des jalons pour des perspectives prometteuses. Elle mérite donc d’être informée de la manière la plus objectivement possible pour ne pas tronquer l’histoire.

Je vous écris en tant que professionnel des médias, observateur de la société et historien du temps présent. Le métier d’informer reste une tâche noble, mais très périlleuse dans des pays en voie de développement ou pays dits pauvres. Ceci, d’abord à cause de l’inaccessibilité à la source d’information, ensuite, à l’absence d’une loi sur la dépénalisation de délit de presse et enfin, le journaliste continue à jouer le rôle de pied de micro des politiciens.

Très peu de journalistes œuvrent dans le respect des règles de bienséance, d’éthique et de déontologie. En toute modestie et sans peur d’être contredit, je peux me prévaloir avoir été l’un des professionnels des médias honnête et crédible.

C’est ici l’occasion de rappeler qu’un journaliste ou politicien vulnérable ne pouvait, sans dépassement de soi, qu’être à la merci de certaines forces obscures. En janvier 2001, le Président Joseph Kabila prête serment au Palais de la Nation devant les corps constitués, de nombreux Chefs d’Etat, Chefs de Gouvernement ainsi que des Ambassadeurs et Chefs des missions diplomatiques accrédités en RDC.

En tant que journaliste accrédité à la Présidence de la République de 2001 à 2011, j’ai participé à toutes les cérémonies solennelles de prestation de serment de Joseph Kabila.

A cet effet, j’en profite pour faire un coucou aux nombreux chevronnés professionnels des médias qui ont écrit et continuent à écrire l’histoire du Congo depuis le règne de Kabila à ce jour, en commençant par le Directeur de la Presse Présidentielle, Lambert Kaboy, l’actuel DG de l’ACP jusqu’aux deux Porte-paroles du Chef de l’Etat Mulegwa Zihindula et Kudura Kasongo.

Il y a également les Directeurs Jacques Mukaleng Makal, Feu Kipolongo d’heureuse mémoire, Sévérin Bamany, Kibambe Somwe Issa, Nguej Katot, Angèle Kanan, Anaclet Mulunda…, pour ne citer que ceux-là.

Mentions spéciales à Marcel Ngoyi Ngoyi Kyengi, Editeur du Quotidien La Prospérité qui totalise à ce jour 20 ans d’existence, et à Christian Lusakueno Patron de Top Congo FM qui totalise 18 ans d’existence. Deux médias au service de la nation et ayant fait preuve d’un travail d’une haute résonnance pour informer en temps réel l’opinion tant nationale qu’internationale.

Aux contacts de différentes hautes personnalités du monde: Chefs d’Etat et Chefs de gouvernement, Chefs des missions diplomatiques et envoyés spéciaux, nous avons passé ensemble avec les professionnels des médias ci-dessus cités, de moments propices et laborieux pour informer l’opinion tant nationale qu’internationale.

Joseph Kabila trouve un pays en lambeau avec plusieurs groupes rebelles qui opéraient sur le sol congolais notamment, le RCD d’Azarias Ruberwa à l’Est, MLC de Jean-Pierre Bemba au Nord, RCD/KML de Mbusa Nyamwisi au Nord-est et tant d’autres groupes armés Maï-Maï avec la présence du Général Padiri, Elias Mulungula, Roger Lumbala…, pour ne citer que ceux-là.

Le pays sera racolé au terme de nombreuses rencontres, négociations dont le Dialogue inter congolais qui a eu lieu d’abord, à Gaborone (Botswana) et Sun City (Afrique du Sud). Le compromis trouvé à Sun City devrait se consolider au pays autour d’autres structures d’accompagnement notamment, CIAT (Comité International d’Accompagnement de la Transition) en vue de raffermir les acquis et trouver de mécanisme de formation d’un Gouvernement d’union nationale et d’un Parlement de transition.

En juillet 2003, un certain mardi, j’assiste à l’arrivée pour la toute première fois à Kinshasa après la réunification du pays, des rebelles Jean-Pierre Bemba, Azarias Ruberwa, Arthur Z’Ahidi Ngoma…, accueillis par le Président Joseph Kabila. Le tout premier contact se déroulait autour de 21 heures sous escorte de nombreux de leurs gardes du corps et d’un contingent des agents de sécurité de la Mission de l’ONU (Monusco).

Au terme de l’accord global de Sun City, un Gouvernement de transition sera mis en place le 30 juin 2003, sous la formule 1 Président et 4 Vice-présidents en l’occurrence : Abdoulaye Yerodia Ndombasi : PPRD ; Azarias Ruberwa : RCD ; Jean-Pierre Bemba : MLC et Arthur Z’ahidi N goma : Composante Opposition Politique.

Du jamais vu au monde, mais l’impossible n’est pas congolais, dit-on. Il faut signaler que chaque belligérant est arrivé à Kinshasa avec plus d’une centaine de ses militaires pour leur réinsertion dans l’armée régulière. C’est pour dire que le risque d’une déflagration en pleine capitale était perceptible.

Ce gouvernement va prendre fin après la promulgation de la Constitution du 18 février 2006 qui consacrait l’avènement de la troisième République.

Kinshasa à feu et à sang

Battu à l’élection présidentielle de 2006, Bemba refuse de verser sa garde personnelle dans l’armée régulière. C’est ainsi que le 23 mars 2007, des combats se déclenchent à Kinshasa dans la matinée entre l’armée et les partisans du Vice-président Jean-Pierre Bemba. Le centre-ville et une bonne partie de la Gombe étaient sous contrôle de troupes de Jean-Pierre Bemba.

A ce jour qui a coïncidé avec la journée internationale de l’eau, nous avons été pris en étau par le DPP (Détachement de Protection Personnelle), l’armée de Bemba en la salle de Conférences de la Paroisse Notre Dame de Fatima à la Gombe où nous avons été invités à commémorer avec de nombreux officiels congolais, des partenaires bi-et-multilatéraux et des journalistes, la journée mondiale de l’eau.

Et c’est cette même armée qui va nous réserver un couloir de sortie à pied et mains en l’air, traversant l’Hôpital Général de Référence de Kinshasa ex. Maman Yemo pour atteindre le croisement des avenues Kasa-Vubu et Commerce  où l’on a aperçu le premier contingent de l’armée régulière s’exprimant pour la plupart en portugais.

Il convient de rappeler que beaucoup d’experts blancs ont passé nuit aux messes des officiers de l’ex. Maman Yemo. Tous les véhicules étaient abandonnés à la Paroisse Notre Dame de Fatima.

Insurrection  des adeptes de Mukungubila

30 décembre 2013, les Kinois se réveillent sous le feu des canaux et tirs à balles réelles. Les adeptes du Prophète Mukungibila ont investi les lieux stratégiques du pays pour faire un coup d’Etat, selon des informations reçues.

Il s’agit de la RTNC, l’Etat-Major-Général des FARDC (Mont Ngaliema), l’Aéroport de N’djili et de la Loano à Lubumbashi.

Pendant qu’il y avait encore des crépitements des balles à la Chaine Nationale, le Porte-parole du Gouvernement Lambert Mende qui devrait faire un point de presse sur place avait été interdit de le faire par la Garde Républicaine.

Il le fera à ciel ouvert sur le terrain Vijana de Kabinda, car la tension était très vive.

Dans cette opération, la presse a compté plusieurs morts à la RTNC et l’EMG dans le rang des assaillants. Un désagrément tout de même à signaler les matériels de travail (puce) d’appareils androïde, photos et caméras avaient été confisqués par l’EMG pour empêcher chacun de sortir avec de telles images horribles.

Fort malheureusement, à l’aide d’un simple Tweet, les confrères journalistes de la presse étrangère avaient déjà enflammé la toile avec ces images macabres.

20 décembre 2011, deuxième prestation de serment de Kabila

Seul, le Président Zimbabwéen Robert Mugabe comme Chef de l’Etat, a répondu présent à l’invitation de la reconduction de Joseph Kabila à la tête du pays au terme des élections violement contestées à l’interne et par la Communauté Internationale.

C’était à la cité de l’Union Africaine dans un climat très maussade. Et c’est ce climat malsain qui a enveloppé tout son règne au cours du deuxième mandat jusqu’en 2016, où il avait été interdit de briguer un troisième mandat.

Un porte-parole du Gouvernement jamais égalé

Lambert Mende Omalanga, l’élu de Sankuru aurait été le meilleur Ministre de Communication et Médias, Porte-parole du gouvernement, qui puisse exister en Afrique, à en croire certains sondages.

Mal compris au départ, le Ministre Mende a fini par attirer la sympathie de ses pairs et de l’opinion tant nationale qu’internationale. Il avait suffisamment des basques à ses manches et assez d’énergie pour assener des coups sans porter des gants, même sur un couteau pointu.

A cette époque, Kabila qui était acculé à l’interne comme à l’extérieur, taxé d’abus de pouvoir ou d’atteintes aux droits humains, les tueries, le détournement de l’aide au développement, l’intention de vouloir briguer un troisième mandat, pouvait dormir sur ses deux oreillers, car Mende s’en occupait sérieusement.

Il n’avait de crainte pour sa propre vie, car il s’attaquait à tout le monde même aux Chefs d’Etat et Ambassadeurs des pays occidentaux très influents.

A en croire le journaliste Patrick Abega dans www.habarirdc.net du 10 juin 2018, le Ministre Mende est l’un des hommes les plus suivis par les Congolais lors de ses sorties médiatiques. Beaucoup adorent sa rhétorique et sa capacité à convaincre (ou pas) sans sourciller.

Dans ses apparitions médiatiques, Mende est aussi expert en usage des mots difficiles. Le journaliste évoque huit mots difficiles, lesquels, nous allons livrer à notre deuxième épisode.

S’agissant du sommet de la Francophonie qui s’est tenu en 2014, il y avait polémique autour de l’arrivée ou non du Président Français François Hollande. L’opposition est restée hostile quant à son arrivée, car sa présence pourrait légitimer le pouvoir finissant de Joseph Kabila.

Mende répond: «Qu’il vienne ou pas, le ciel ne va pas tomber sur la tête des Congolais. La RDC n’est pas un protectorat ni une nouvelle préfecture de la France». Fin de citation.

S’agissant du Président Barack Obama, Mende dira : «Barack Obama est Chef de l’Etat comme Joseph Kabila est aussi Chef de l’Etat. Ils sont liés par une relation d’homologues de chefs d’Etat. Et par conséquent, Joseph Kabila n’a d’ordre à recevoir de qui que ce soit». Fin de citation.

Puriste et Homme à la verve oratoire facile, Mende n’avait pas besoin de la pro-filmique pour répondre à une question d’un journaliste d’un média local ou d’une chaine étrangère.

Il a battu le record de longévité en termes des mandats au Ministère des Médias. J’estime avoir été bien ancré dans l’école de Mende même si, de temps en temps, à cause de questions très embarrassantes posées au Porte-parole, certains membres de son cabinet nous privaient parfois les micros par ce qu’ils nous taxaient d’être proche de l’opposition.

Des questions par exemple autour de la «Matatatisation» de l’économie congolaise. Tout devenait «Matatatisé depuis que Augustin Matata est à la tête du Gouvernement».

Et puis, «la légitimité a quitté le pouvoir de Kinshasa. Car, seule, l’opposition a été reçue par l’Administration Obama tandis que le pouvoir ne s’est contenté que des débats de couloir».

Allusion faite à l’invitation des opposants et hommes de pouvoir de certains pays africains au diner de prière qu’organise chaque année, le Chef de l’Etat des USA.

Au regard de ce qui précède, j’attire l’attention de la jeunesse encore en formation dans la filière journalistique ou non, qu’il y a lieu d’observer le principe selon lequel, le journaliste n’appartient à aucune famille, aucune tribu et aucune nation.

Sa famille, sa nation ou sa tribu c’est le journalisme, ce métier qu’il doit exercer en toute neutralité pour informer le monde. Sinon, Ghyslaine Dupont et Claude Verlon n’auraient pas été assassinés à Kidal au Mali. Non pour informer la France ou chacun, sa famille mais plutôt, pour informer le monde.

Dossier à suivre !