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La masculinité positive et la campagne de lutte contre la violence faite à la femme mises à rude épreuve par la féminité positive de Mme Marie-Josée Ifoku /(Par Ghislain  Bamuangayi Kalukuimbi)

La masculinité positive et la campagne de lutte contre la violence faite à la femme mises à rude épreuve par la féminité positive de Mme Marie-Josée Ifoku /(Par Ghislain  Bamuangayi Kalukuimbi)

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La masculinité positive et la volonté politique du Chef de l’Etat Félix Antoine Tshisekedi de promouvoir la femme ont connu un coup à Kingabwa, le 11 décembre 2021.

Le balai de Madame Marie-Josée Ifoku avec son concept, assez particulier et orignal, de « Kombolisation », a produit ses effets. Tout d’abord, pour planter le décor de la scène, le parti politique Alliance des élites pour un Nouveau Congo (AeNC) choisit un coin singulier de Kingabwa, appelé Point Chaud pour tenir son meeting : boueux, encombré de déchets, « archipeuplé » d’un genre humain au visage typique de la pauvreté et transformé anarchiquement en marché public où on vend à même le sol.

La logique du système d’organisation sociétale moins soucieuse d’ordre, de respect des valeurs et du bien-être collectif et individuel. L’idée arrêtée est d’amener dans pareil milieu, expression locale de l’image de l’Etat congolais livré à la prédation internationale et nationale depuis 1885, une femme munie de balai pour rappeler l’exigence d’un examen sérieux de soi, de nettoyage personnel de chaque dirigeant et du citoyen. Le balai de l’impérieuse nécessité de compétence et de renaissance pour une nouvelle nation et une nouvelle organisation étatique. « L’homme qu’il faut à la place qu’il faut », une expression populaire souffrant de désuétude en RD. Congo.

Combien de meetings d’une présidente nationale de parti politique on a connu ? Il semble aucun. A vérifier. Le meeting d’une femme leader d’envergure nationale, auteure d’une idéologie authentique ?! Pourquoi ne pas encourager pareille initiative, celle du discours populaire porté sur une idéologie africaine?! Une rigoureuse dialectique de mettre en face d’un système dominé par la gouvernance masculine un leadership féminin montant et idéologiquement agressif à la recherche du changement radical et profond.

Si vrai que quelques jours avant, le 6 décembre, dans une autre tribune destinée au lancement du Réseau Ekoki- Inatosha de promotion de la paix et de la dignité de la femme, Marie-Josée Ifoku, qui en est la présidente, a indiqué sa compréhension du leadership féminin. Elle affirme : « La masculinité positive n’est rien et de nul effet sans la « féminité positive » pour l’accompagner et la compléter. Partant du postulat que la femme est la matrice de la vie, qui assure l’avenir du monde, il y a lieu de développer et structurer l’entraide mutuelle entre homme et femme, la considération des atouts particuliers des femmes et leur participation effective dans l’exercice des responsabilités dans tous les domaines et à tous les niveaux.

Aucun engagement des hommes envers les femmes ne peut prospérer en l’absence d’une réelle et authentique sensibilité à la cause de la femme, y compris par les femmes envers d’autres femmes.

C’est pourquoi, à travers tous les moyens de communication sociale, d’éducation et d’instruction, notre société devra renouveler ses mentalités et son intelligence pour intégrer dans notre culture moderne le respect de la dignité de la femme et le partenariat homme-femme comme valeurs fondamentales».

La mise en scène du 11 décembre au Point Chaud a connu deux applications significatives de la philosophie politique de la « Kombolisation ». D’abord à travers l’usage fait du « kombo » par la police descendue sur les lieux pour interdire le meeting.

Ensuite,  par l’irruption spontanée d’un leader politique local, un des « seigneurs» du quartier Kingabwa, intervenu pour recadrer la Police dans ses ardeurs et profiter de la circonstance pour faire sa propre propagande dans la quête du pouvoir. Une évolution dans le comportement de la Police, à l’honneur de l’autorité publique, a été l’usage des balais ravis aux partisans de l’AeNC pour disperser la foule et nettoyer les lieux de son monde indésirable.

Les armes à feu n’ont pas agi. Le balai, outil de changement, a remplacé celui de la désolation ; les nombreuses bavures policières de ces derniers temps existent pour l’illustrer. La magie du balai a produit un déclic positif le policier. La face B de l’utilisation du balai n’est pas à négliger.

La prêtresse de la Kombolisation est interpellée sur l’usage négatif susceptible de survenir avec l’arme qu’elle offre au peuple et aux autorités comme solution à leurs problèmes d’existence. La Kombolisation devra intégrer la pédagogie, par un mode d’emploi spécifique, du kombo, afin que le concept ne soit détourné pour justifier un déviationnisme regrettable. La deuxième application de la kombolisation est celle du leader local d’un autre parti politique, venu sporadiquement à la rencontre de Marie-Josée Ifoku dans une gymnastique politique compliquée. Il réclame un balai, qu’il brandit en l’air pour prêcher la kombolisation. Il reconnaît la notoriété internationale du balai de cette maman et le travail qu’elle en fait au moment où d’autres sont occupés à autre chose. Il promet d’en faire application lorsqu’il sera bientôt élu Vice-Gouverneur de la Ville de Kinshasa.

La classe politique a été symboliquement touchée par le message, au-delà du raté de la manifestation initialement prévue. Les conséquences à tirer de ces événements sont formulées ici en termes de deux propositions. La première proposition est l’exhortation à l’adoption d’une gouvernance plus intelligente. Les gouvernants des divers niveaux devront intégrer la réflexion prospective dans la gestion à la suite des solutions prônées publiquement par le Chef de l’Etat pour ne pas remplir le dictionnaire politique congolais de slogans sans effet et promesses non tenues. Lorsque les structures publiques (cabinet du Président de la République, Gouvernement, cabinet du ministre…) ne récupèrent, ne structurent et n’intériorisent pas immédiatement les innovations politiques annoncées, il y a un problème sérieux de collaboration. La « masculinité positive », le « peuple d’abord », le « déboulonnage du système maffieux » et toutes les promesses du Chef devront insérés dans des programmes d’études de laboratoire pour leur mise en œuvre.

Sinon, il se créé dans la population une distance infinie entre l’espoir et la réalité. Une distance qui place le peuple au bord de la crise de confiance envers ses dirigeants.

On devrait s’attendre à voir les services de renseignements, les cabinets politiques concernés par la défense et la promotion des droits des femmes, le Gouvernorat de Kinshasa et la Commune de Limite plus intéressés et attentifs à la programmation de la manifestation d’une femme politique en pleine période de campagne en faveur de la masculinité positive et la lutte contre les violences faites aux femmes, afin de donner un sens à ces politiques officielles. Rien.

On n’aime pas trop réfléchir et perdre son temps dans les études approfondies des idées proposées par les autres. L’autorité publique congolaise se plait dans son somnambulance et la routinerie.

La deuxième proposition est la fin de la paresse intellectuelle et de l’absence de volonté politique pour l’adoption et la mise en œuvre des règles procédurales claires et acceptables de protection et de promotion des libertés publiques et droits fondamentaux des citoyens.

La dichotomie entretenue pour appliquer, à la fois le régime de l’information et celui de l’autorisation dans l’organisation d’une seule et même manifestation publique, est un frein à la démocratie.

La mauvaise gestion des libertés publiques est en imbrication avec l’exploitation, par certains, du mauvais penchant vers la dictature et le chaos. Les libertés publiques sont proclamées et chantées, mais souvent violées dans l’impunité.

L’influence des acteurs politiques non étatiques sur l’administration publique est une aberration en démocratie.

Cela s’explique par la faiblesse de l’Etat et par la conception rétrograde de la compétition politique.

La politique de la fraude, des coups bas, du dénigrement de l’autre, de la surestimation de soi et du mépris de l’intérêt général.

La moralisation de la politique congolaise passe par l’apprentissage de l’exercice commun des libertés publiques et par le respect de chacun de la liberté de l’autre de s’exprimer et de défendre son opinion. Le déni de la démocratie est aussi l’ensemble de machineries des politiciennes pour empêcher la libre expression de l’idéologie de celui qui « me dérange », « bouscule ma confortable position » ou « m’indispose ».

Ghislain  Bamuangayi Kalukuimbi

bamuangayi@gmail.com

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