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Mzee LD. Kabila n’avait-il donc pas raison ?/«L’ennemi Numéro du Congo, c’est le congolais lui-même»/(Par Dr Antoine Roger Lokongo, Professeur Agrégé de l’UKV)

Mzee LD. Kabila n’avait-il donc pas raison ?/«L’ennemi Numéro du Congo, c’est le congolais lui-même»/(Par Dr Antoine Roger Lokongo, Professeur Agrégé de l’UKV)

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*De notre temps, même après le leadership impeccable de Mzee Laurent Désiré Kabila, les Congolais que nous sommes, restons toujours distraits !!!

Il nous manque un leadership capable d’orienter les relations sociales qui régissent les Congolais dans le  sens du bien commun, qui, par rapport au bien privé, reste sacré !

Il nous manque un leadership qui lutte farouchement contre la corruption dans notre pays, un fléau qui malheureusement demeure un état d’esprit, une idiosyncrasie, un modus vivendi de tout le peuple. La corruption chez nous est devenue la vie même, la conception du pouvoir et de la gestion de l’indépendance politique acquise, caractérisée par ou interprétée comme la personnalisation du patrimoine national par ceux qui nous dirigent, en d’autres termes, la problématique de la privatisation de l’Etat, de notre patrimoine commun  minier, foncier, forestier, aquifère, halieutique, de notre faune et flore…, qui se trouve aujourd’hui totalement bradé, privatisé au profit des étrangers et de la classe dirigeante à travers l’affairisme qui gangrène l’Etat Congolais du sommet à la base.

Or, le Congo n’est pas à vendre!

Qui peut nous citer un seul Congolais qui s’est enrichi depuis l’accession de notre pays à l’indépendance en dehors de la politique ou sans avoir des relations privilégiées avec le pouvoir du jour, ou en dehors des guerres de rapine ou sans saigner à blanc les entreprises publiques, ou sans RAM ?! Il n’y en a pas ! Ils ont tous marché sur les cadavres des autres pour s’enrichir !

Les seigneurs de guerre se sont enrichis pendant et après la guerre d’agression anglo-américano-rwando-ougandaise.

Exception: Mzee Kabila réprimait sérieusement la corruption. La seule préoccupation de Mzee Kabila c’était de mettre fin à  la guerre d’agression et relancer la reconstruction nationale. Il a laissé le pays sans dettes en dépit de la guerre!

Pire, en RDC nous croyons que nous pouvons bien embrasser le capitalisme libéral pour développer ce pays! Impossible! Sous le capitalisme libéral, on ne peut jamais éradiquer la corruption parce que la corruption c’est sa vraie nature (même nos propres élections viennent de nous le prouver), et il n’y aura jamais de « peuple d’abord » ! Jamais !  C’est le chacun pour soi au détriment des autres qui compte!

Plus de 800 partis politiques sans projets de société viables dans un seul pays, c’est de la cirque ! La RDC a besoin d’une démocratie circonscrite (la suprématie de l’Etat sur les autres composantes de la société) comme en Chine. Dans une démocratie circonscrite comme en Chine, l’essentiel c’est le bilan, l’amélioration des conditions de vie du peuple.  Qui ne veut pas aller en Chine ces jours-ci? Qui ne veut pas traiter avec « la Chine communiste »? Qui? N’est-ce pas les Chinois qui construisent même nos églises en Afrique ces jours-ci?

Suivez les médias de notre pays, et vous remarquerez que les gens ne font que politicailler: tel politicien a insulté tel autre politicien, demande au Chef de l’Etat de le limoger, tel pasteur ou tel musicien a dit ou fait ceci, les Kuluna, les groupes armés ont tué  des gens… Les gens veulent se faire élire ou se faire réélire pour assurer leur survie et non pour moderniser ce pays !

On ne sait pas où l’on va ! Les supposés élus du peuple ou voteurs des lois détournent le budget national à leur propre profit! Ce n’est pas parce qu’on en parle plus que cela devient bon.  Le peuple ne devra acclamer qu’un leadership qui jette des ministres détourneurs en prison, pas de prison dorée et surtout pas pour quelques semaines seulement, car l’exemple doit venir d’en haut. Si la sécurité du pays exige que nous devenions une puissance nucléaire pour nous faire respecter par nos voisins, un tel leadership souverainiste mobilisera le peuple autour de cet objectif sans craindre les « qu’en dira-t-on ailleurs ».

Il en va ainsi d’autres projets susceptibles de promouvoir l’intérêt national suprême ! Un leadership qui sait et qui veux appliquer ce qui convient à tout le peuple et non à un groupe d’individus.

L’amateurisme que nous vivons actuellement et que nous appelons « démocratie » – copie collant du système occidental que nous croyons ou estimons salutaire pour nous parce que nous sommes occidentalisés en outrance, ne profite qu’aux aventuriers ! Une fois de plus, nos propres élections viennent de nous le prouver !

Où est la rupture avec le passé? On parle de tout et de rien, jamais de la poursuite de la reconstruction nationale qui passe par les nouvelles infrastructures: des autoroutes et des chemins de fer qui relient toutes les provinces, l’électrification de tout le pays, gage de son industrialisation, c’est-à-dire de la transformation de nos richesses sur place pour créer des emplois et des marchés au profit de notre peuple, surtout des jeunes.

Ce qui donne raison à Mzee Kabila qui disait avec raison que « l’ennemi No.1 du Congo, c’est le Congolais lui-même »! Si les Mbororo s’installent au nord-est de notre pays, c’est parce qu’ils corrompent certains Congolais, y compris avec des vaches jusqu’à Kinshasa !  Les groupes armés étrangers  n’auraient pas eu pignon sur rue à l’est de notre pays sans la complicité de certains Congolais mieux placés à Kinshasa, qui en tirent profit (exploitation minière surtout) en marchant sur les cadavres des autres Congolais.

Qu’il est vrai le testament du révolutionnaire Cubain d’origine argentine Che Guevara laissé  aux Congolais: « Si vous voulez libérer votre patrie, mettez dans vos mains dix balles ou dix cartouches… neuf pour les traitres de l’intérieur et une pour l’ennemi. Car,  sans les traitres de de l’intérieur, l’ennemi de l’extérieur n’oserait pas entrer dans votre pays».

En effet, selon Albert Arnold Gore, ancien vice-président des Etats-Unis et prix Nobel de la paix en 2007, plus de 50% des 120 millions d’hectares des terres arables que compte la RDC sont déjà privatisées, cédées aux étrangers au détriment du peuple congolais.

Il en est de même de presque la totalité des concessions minières juteuses connues qui sont privatisées, cédées aux étrangers, les Congolais sont devenus des creuseurs artisanaux à la périphérie ! C’est pour dire que la RDC n’existe que sur papier et nous n’avons plus un pays à léguer à nos enfants !

Face à cet état de chose grave qui menace notre propre existence, il nous faut une NATIONALISATION PROGRESSIVE (50% d’abord) de notre patrimoine commun  minier, foncier, forestier, aquifère, halieutique, de notre faune et flore… Plus d’étrangers dans nos mines, dans nos terres, nos forêts, nos cours d’eaux, nos parcs…! Vous ne verrez jamais un étranger dans une mine de terres rares en Chine ! Jamais !

Nous devons faire appel à nos vrais partenaires comme la Chine, de partager les nouvelles technologies avec nous que nous devons maîtriser, les développer à notre façon pour nous aider à construire non seulement des infrastructures susceptibles de relier toutes les provinces plus l’électrification de tout le pays mais aussi, à exploiter nos propres ressources, les mettre en valeur, c’est-à-dire, comme nous l’avons évoqué ci-haut, les transformer sur place pour créer des emplois et des marchés au profit de notre peuple. Sinon que dirons nos enfants et nos arrière-petits-enfants de nous?