Pas un pas sans la prospérité.
Chaque jour, du lundi à samedi, reprise des publications quotidiennes

Une constitution vide de l’Ame bantoue, de notre ADN spécifique, de notre génie propre, de notre socle, de nos racines, de notre patrimoine et de nos réalités socio-culturelles

Une constitution vide de l’Ame bantoue, de notre ADN spécifique, de notre génie propre, de notre socle, de nos racines, de notre patrimoine et de nos réalités socio-culturelles

This post has already been read 1035 times!

(Par Dr François Tshipamba Mpuila)

Une Constitution est un texte qui donne un sens à la vie individuelle et collective d’un peuple. C’est un texte de valeurs supérieures d’un peuple. Elle est enracinée dans un ensemble politique et culturel. Elle est l’identité génétique d’un Etat et d’un peuple.

Chaque société génère son propre Etat dont les caractéristiques les plus intimes ne peuvent être transposées ailleurs : il n’existe pas un Etat prototype universel, mais des Etats dont les traits reflètent l’histoire, la géographie et tout ce qui contribue à identifier la culture propre à chaque peuple. Chaque Etat présente une personnalité spécifique faite de particularités non transposables. Il en va de l’Etat comme de tout être humain irréductible génétiquement et rebelle selon les règles biologiques à tout clonage.

La population doit se reconnaître dans sa constitution, y retrouver son âme profonde, sa conception de la vie, sa vision du monde, ses valeurs ontologiques, axiologiques et spirituelles. En lisant une constitution, on doit découvrir qu’il s’agit de la constitution d’un tel peuple et à une telle époque de son histoire.

Nombreux peuples de l’Afrique noire sont bloqués au fin fond des gouffres des tragédies et sont à la queue des classements internationaux des pays sur base des indicateurs et paramètres internationaux objectifs puisque notamment leurs constitutions sont indéterminées, éthérées et acosmiques, et ces africains ont été vidés de toute substance et toute consistance ontologiques, de toute densité axiologiques, de toute aptitude à la transcendance et de toute capacité d’élévation spirituelle (nous ne parlons pas d’organisations idéologiques, hégémonistes, expansionnistes, avilissantes et déshumanisantes qui pullulent en Afrique noire en général et en RDC en particulier et qui sont conçues pour anesthésier les peuples naïfs, les infantiliser, les instrumentaliser, les manipuler, les aliéner et les rendre facilement dociles, dominables et exploitables) et en ont fait des “coquilles vides”, des “feuilles mortes”, des “êtres ambigus”, des “êtres entre les eaux”, des “êtres tragiquement seuls entre différentes cultures et civilisations”, des “êtres perdus sur le chemin du progrès et de la civilisation”, des “êtres détachés de leurs racines et de leurs origines, suspendus en l’air, sans identité propre et sans consistance”, des “esclaves éternels, consentants et heureux ».

La CNS s’était montrée attachée, dès le Préambule de sa Constitution, aux valeurs humaines universelles (Déclaration universelle des droits de l’homme…), africaines (Charte africaine des Droits de l’homme et des Peuples), à nos racines, à notre identité, à nos sources, à la vision africaine de la vie et du Monde.

Dans l’actuelle constitution, Il n’est nulle part fait référence à l’identité bantoue de la majorité des habitants ni à son système de valeurs et à ses modèles de perception de la vie sociale. Même l’organisation du droit foncier et du pouvoir coutumiers, qui continuent de régir de larges portions de la vie des populations, ne sont nulle part sérieusement prises en compte dans l’actuelle constitution. On en est resté à des affirmations générales issues de l’époque coloniale.

On parle du patrimoine culturel congolais à l’article 1er, pour dire que les langues du pays en font partie, et à l’article 46, pour dire que l’Etat doit le protéger et le promouvoir.

A l’article 10, on définit la nationalité en référence aux groupes ethniques dont les personnes et les territoires constituaient ce qui est devenu le Congo à l’indépendance. Mais aucune définition n’est donnée des groupes ethniques ni du mode de désignation de leurs autorités et aucun rôle ne leur est reconnu dans la vie nationale.

Un exemple de la faiblesse des connaissances de la réalité nationale par les rédacteurs de l’actuelle constitution est le découpage des provinces qu’ils proposent à l’article 2. A quelques exceptions près, les députés se sont contentés d’ériger en provinces les districts des actuels provinces.

Les exceptions sont le maintien des trois districts du Bas-Congo en une seule province, appelée Kongo central, et la réintégration au Mai-Ndombe du district des Plateaux, qui en avait été détaché en 1990. Sur ce point très sensible du découpage et de la dénomination des premières subdivisions politico-administratives du pays, le travail n’a manifestement pas été fait avec l’expertise requise.

Pourquoi avoir fait les exceptions que nous venons de mentionner et avoir maintenu la division de l’Equateur en cinq provinces, selon les cinq districts qui y existent depuis 1977 par la création du Nord- et du Sud-Oubangi, selon sa division en districts depuis 1960 ?

Les superficies de l’Equateur et de la province orientale sont respectivement de 403.292 et 503.239 kilomètres carrés. Leurs populations sont de l’ordre de 6.3 et 7 millions d’habitants en 2005. Le Katanga a une étendue de 496.877 kilomètres carrés et une population de l’ordre de 7.9 millions d’habitants). On peut se demander si les raisons qui ont fait donner plus de poids politique à l’Equateur qu’à la province orientale et au Katanga en 1977 sont encore pertinentes aujourd’hui.

Une province devrait être une unité d’action, en fonction d’un projet de développement. Les “constituants” qui ont rédigé le projet de Constitution n’ont rien apporté de consistant ou de nouveau sur ce point. On peut même se demander si le fractionnement des provinces proposé peut conduire à une plus grande décentralisation ou s’il n’appellera pas le pouvoir central à assumer de nouvelles prérogatives de coordination interprovinciale.

La connaissance insuffisante des réalités du pays s’est particulièrement manifestée par le fait que les réponses ont été diverses suivant les personnes interrogées par celles qui avaient participé à l’élaboration du projet ou à son vote, sur les territoires constituant la province du Lomami et sur la province à laquelle avait été intégrée la ville de Kolwezi, comprenant depuis 1976 les territoires de Mutshatsha et de Lubudi. A suivre

Le 04 janvier 2022.

Pour le Leadership National Congolais de Progrès

Dr François Tshipamba Mpuila

GSM : +32-493-325-104 ; Email : tshipamba.mpuila@yahoo.fr