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‘‘Massacres’’ des Banyamulenge à Bibokoboko/Sud-Kivu : le Collectif Gakondo appelle à l’intervention urgente des autorités et de la Communauté internationale

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L’insécurité persiste encore et continue à prendre de plus en plus une allure inquiétante à Bibokoboko, dans la province du Sud-Kivu, où ‘‘les Banyamulenge demeurent victimes de massacres de groupes armés locaux et étrangers. Une situation indélicate et dangereuse qui nécessite l’intervention urgente des autorités de la République Démocratique du Congo et de la Communauté Internationale’’,  alerte le Collectif Gakondo, dans une correspondance adressée à Antonio Guteress, Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), mardi 11 janvier 2022. D’après les révélations de Gakondo, des milliers de Banyamulenge, rescapés des attaques du 13-15 octobre 2021 de la part des milices Mai-Mai Yakutumba, Mupasula et consorts, sont une nouvelle fois exposés à un génocide après que la Monusco ait retiré, à Bibokoboko, son contingent militaire affecté pour assurer la sécurité des populations dans cette partie du pays. «A ce titre, nous appelons à la prudence de la Communauté internationale de ne plus retomber dans la même erreur de juin-juillet 1994 au Rwanda, où elle a laissé se commettre un génocide qui a emporté plus d’un million des vies humaines… », souligne le Collectif Gakondo.

LETTRE ADRESSEE A MONSIEUR LE SECRETAIRE GENERAL DES NATIONS UNIES APPELANT A UNE ACTION URGENTE POUR STOPPER LE GENOCIDE DE BANYAMULENGE A BIBOKOBOKO AU SUD-KIVU

A son Excellence Monsieur Antonio Guterres, le Secrétaire Général des Nations Unies à New-York

Date 11 janvier 2022

Concerne : Appel à une  action de la Communauté internationale urgente pour stopper le génocide de Banyamulenge à Bibokoboko

Excellence Monsieur le Secrétaire Général,

Cet après du 10 janvier 2022, tous les membres de la communauté Banyamulenge sont abasourdis et consternés à cause de la décision de la MONUSCO de retirer son contingent militaire qui était affecté à la sécurité des populations Banyamulenge de Bibokoboko, rescapés des attaques du 13-15 octobre 2021 de la part de la coalition des milices Mai-Mai Yakutumba, Mupasula, Bilozebishambuke, Toronto, Ebuila et les rebelles burundais de RED-Tabara, qui ont tué 29 civils innocents.

En effet, cette décision de la Monusco est certainement à un arrêt irrévocable pris en faveur du génocide des milliers des familles banyamulenge qui sont encerclées par leurs bourreaux dans cette contrée de Bibokoboko pour les motifs ci-après :

  1. Avant les attaques du 13 au 15 octobre 2021, la hiérarchie des FARDC Sukola 2 sud Sud-Kivu avait pris la même décision de démilitariser toute la région de Bibokoboko en y laissant 5 militaires seulement, et en affectant le Colonel David IPANGA à Rurambo (milieu totalement abandonné par les populations banyamulenge suite aux attaques des milices Mai-Mai similaires), alors qu’il était le seul commandant FARDC de Baraka-Bibokoboko qui avait fait preuve de maintenir la sécurité en faveur de toutes les populations locales ;
  2. La ville de Baraka située entre 15 et 20 kilomètres de la contrée de Bibokoboko qui était le seul lieu où ces populations en désarroi pouvaient chercher refuge, malheureusement elle est devenue, depuis les attaques du 13-15 octobre 2021, le lieu le plus dangereux à ces populations banyamulenge suite aux actes suivants concourant à leur génocide dans ce milieu :
  • L’attaque du 02 novembre 2021 au camion qui transportait une aide alimentaire envers ces victimes, et le massacre de 4 membres de son équipage par les jeunes Babembe de Baraka dits Wazalendo, est un exemple éloquent à ce sujet. ;
  • La tentative d’assassinat de monsieur Serge MUNEZERO, un infirmier Munyamulenge qui travaillait à l’hôpital de Baraka en est un autre exemple. Signalons que lors de cette tentative, la victime a été atteint au coup par une balle de la part de ses bourreaux ;
  • L’assassinat du 06 novembre 2021 de monsieur Ruben RUSHIKA, un directeur de l’Ecole Primaire UMOJA de l’ethnie banyamulenge corrobore cette vérité ;
  • L’extraction du Major Joseph Rugenerwa Kaminzobe dans une ambulance qui transportait son supérieur hiérarchique vers l’hôpital d’Uvira en date du 9 décembre 2021, alors qu’il était ensemble avec quatre autres compagnons d’armes qui n’ont rien fait pour le défendre ; son lynchage, la consumation de son corps et la cannibalisation de sa chair en pleine journée démontrent à suffisance que le niveau de haine ethnique conduisant au génocide de tout membre de la communauté Banyamulenge dans l’espace Fizi-Baraka-Uvira est certain.

Face à ces sombres et tristes réalités et d’autres non citées dans ce petit document, nous condamnons et dénonçons fermement la décision de la MONUSCO de retirer son contingent militaire qui était commis à la sécurité de  ces populations vendues au génocide par leur propre gouvernement, dont l’armée nationale (les FARDC) est accusée de complicité  avéré dans la cadre du génocide des victimes.

A ce titre, nous appelons à la prudence de la Communauté internationale de ne plus retomber dans la même erreur de juin-juillet 1994 au Rwanda, où elle a laissé se commettre un génocide qui a emporté plus d’un million des vies humaines devant l’insouciance totale des membres de cette communauté étatique universelle.

En outre, il est temps aux dirigeants des grandes puissances de ce monde d’intervenir urgemment pour protéger les victimes afin d’éviter le même regret qu’a eu l’ancien Président américain Bill Clinton, lorsqu’il a souligné dans ces Mémoires que : l’inaction face à l’horreur, fut un des plus grands regrets de ma présidence car avec quelques milliers de soldats et l’aide des alliés, nous aurions pu sauver des vies. C’est aujourd’hui ou jamais, car le génocide pour ces populations banyamulenge de Bibokoboko est inévitable si rien n’est fait dans l’immédiat.

Pour le Collectif Gakondo

Félix Nyirazo Robogora, le Président du comité de coordination