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CEEC : De l’ombre à la lumière

CEEC : De l’ombre à la lumière

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Le CEEC, l’un des fleurons de la politique minière congolaise, vient de loin. Plongé dans les ténèbres de la mégestion durant plusieurs années, il sort maintenant de l’impasse et du marasme. Etablissement public appelé à doter le gouvernement congolais des moyens substantiels devant l’aider à contrôler et maîtriser la production diamantaire et aurifère nationale, le Centre d’Expertise, d’Evaluation et de Certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses, en sigle CEEC, a malheureusement servi de tiroir-caisse à ses différents gestionnaires et à sa tutelle.

De nombreuses frasques des gestionnaires passés ont fait en sorte que l’Etat, unique propriétaire, n’a jamais trouvé son compte. Depuis des décennies, il a été géré comme un bien sans maître. L’avènement du gouvernement Sama Lukonde a été salutaire pour cette entreprise publique. Car, la décision de procéder, il y a six mois, au changement de ses gestionnaires l’a sauvé du gouffre. Tout le monde respire désormais.

Une entreprise au bord de la faillite

Le CEEC a réellement frôlé la disparition. Mieux, il a été sauvé de justesse de la faillite certaine. La plupart des dirigeants qui se sont succédé à sa tête, ne se sont souciés que de leurs intérêts personnels et égoïstes. L’entreprise a été gérée sans vision managériale aucune. Comme la plupart des sociétés publiques congolaises.

Aucun plan de développement avec des objectifs à court, moyen et long termes. Au cas où il existerait sur papier, il n’avait jamais connu un quelconque début d’exécution. On dirait que tout le monde s’en foutait ! La mégestion y battait son plein : une gestion financière catastrophique ; un management hasardeux, chaotique et irresponsable ; des sorties des fonds injustifiés ; une cohésion du personnel inexistante ; une absence totale de plan de carrière pour le personnel ; des affectations fantaisistes non-soutenues par un critérium objectif ; une discrimination dans l’octroi des avantages sociaux au personnel ; etc. A cela, il faut ajouter la non-maîtrise du patrimoine de l’entreprise, le faible niveau d’exécution du budget des investissements, l’absence d’un programme d’acquisition des équipements de laboratoire. Le tableau tel qu’il est peint, était sombre. Autrement dit, l’arrivée du duo Justin Kiela Ngoie-Freddy Muamba Kanyinku ne devait qu’inaugurer une nouvelle ère pour le CEEC.

Une nouvelle aube pour le CEEC

Sans crainte d’être contredit, le CEEC est en train de porter une nouvelle robe. Il suffit d’effectuer un tour du côté des Cliniques de Ngaliema dans la Commune de la Gombe pour s’en rendre compte. Malgré les conditions opaques dans lesquelles s’était déroulée l’opération de remise et reprise, l’équipe entrante s’est directement mise au travail. Faut-il rappeler que le Directeur Général sortant avait tout simplement boycotté cette cérémonie et aucun dossier n’avait été apprêté. Le nouveau leadership du CEEC n’a été mis au courant de la situation financière de l’entreprise. Il n’a pris possession d’aucun dossier technique ni été informé de la situation du patrimoine et du personnel. En dépit de tous ces écueils volontairement dressés par les gestionnaires sortants, la nouvelle équipe dirigeante a placé sa gestion sous le signe de la rigueur, de l’innovation et de la performance. Ainsi, l’accent a été mis sur la désignation des cadres pour pourvoir aux postes dégarnis, surtout au niveau de la Direction financière, l’état des comptes bancaires, l’ouverture des locaux fermés, l’inventaire de la situation physique des coffres et la réorganisation de la comptabilité de l’entreprise conformément aux normes édictées par le Conseil Permanent de la Comptabilité du Congo. Eu égard à cette situation financière catastrophique, la direction générale a pris des mesures d’encadrement pour mettre fin au coulage des recettes. Cela a permis à l’entreprise de poursuivre la paie régulière du personnel, l’apurement progressif de la dette liée aux charges du personnel, l’augmentation des frais des entités provinciales et leurs démembrements ainsi que la prise en charge des investissements sur fonds propres. Un ambitieux programme d’acquisition des équipements de laboratoire a été mis en œuvre en vue de faire le dosage des sous-produits dans les métaux de base aux fins de leur meilleure taxation. Dans ce contexte, deux laboratoires ont été commandés pour être installés à Lubumbashi et à Kolwezi. Ils serviront à doser les sous-produits, à suivre et contrôler les contaminants dans les rejets et à analyser les quantités d’échantillons jadis traités à l’étranger. Un troisième laboratoire sera implanté au Centre de négoce de Musompo (Province du Lualaba).

En peu de jours, un immeuble a été acquis pour le siège de la direction provinciale du Lualaba. Il est à noter que le prix moyen du diamant a été revu à la hausse, passant de 13 à 19 dollars américains le carat. En ce qui concerne l’or, le projet ITOA (Initiative de Traçabilité de l’Or d’Exploitation Artisanale) va démarrer incessamment. Tout est fin prêt pour sa matérialisation.

Freddy Muamba Kanyinku, un pur produit CEEC

A tout seigneur, tout honneur, dit-on. Tout ce travail louable est l’œuvre du nouveau Directeur Général du CEEC, monsieur Freddy Muamba Kanyinku, un pur produit du CEEC. L’homme connaît son entreprise comme sa poche. Cela ne peut étonner personne !

Détenteur d’une licence en gestion commerciale et financière, le directeur général intérimaire est un fils maison comme on dit. Directeur provincial du CEEC respectievement au Nord-kivu et à la Tshopo, il avait également assumé auparavant les fonctions de chef de division de budget et des flux monétaires, de l’assistant de l’administrateur directeur financier, d’assistant financier et de caissier comptable.

Ainsi, grâce à son dynamisme, à sa meilleure connaissance de la société et à sa vision, le CEEC sort enfin des ténèbres.

Jean KABEYA MUDIELA NDUNGU/CP