Accueil Nation Sous la férule de l’ONG Save the Children, RDC : cap sur un mécanisme de suivi de mise en œuvre de la déclaration sur la sûreté et la sécurité des écoles

Sous la férule de l’ONG Save the Children, RDC : cap sur un mécanisme de suivi de mise en œuvre de la déclaration sur la sûreté et la sécurité des écoles

Par La Prospérité
0 commentaire

La sureté et la sécurité des écoles dans les zones à conflit demeurent des défis majeurs en République démocratique du Congo. C’est dans cette optique que l’ONG internationale Save the Children, en partenariat avec le Summit for Democracy (Sommet pour la Démocratie), a organisé, le vendredi 16 septembre 2022, à l’Hôtel Memling, une table ronde sur la Déclaration pour la sureté et la sécurité des écoles. Une rencontre qui a réuni des experts des ministères sectoriels (ministères de la justice, de la Défense, des Affaires sociales, de l’Enseignement primaire, secondaire et technique) et la Présidence ainsi que les jeunes victimes des atrocités des conflits armés dans les écoles. Après échanges approfondis, les participants à cette réunion de consultation ont relevé la nécessité de mettre en place un comité national de suivi de l’opérationnalisation de cette déclaration. Ce dernier va permettre d’avoir une Cellule qui répond au niveau national, de manière légale, à ce processus. Cette cellule sera composée de plusieurs experts des ministères précités, des ONG, des partenaires techniques et financiers, des bailleurs de fonds, des clubs d’enfants qui sont affectés.
Pour Dori Emmanuel, Conseiller Régional du plaidoyer humanitaire à Save the Children, :«Si le rapport est validé et accepté de tout le monde, Save the Children travaillera à faire cette note au ministère de l’Education qui doit prendre le lead de ce comité de suivi et faire un arrêté ministériel de mise en place du comité inter-acteurs de ce comité…». Et d’ajouter: «Il y a eu assez de discussions, assez de contributions constructives qui démontrent la nécessité de mettre en place un comité national de suivi de l’opérationnalisation de cette déclaration qui va permettre d’avoir une cellule qui répond au niveau national de manière légale qui soit, composée de plusieurs acteurs, des membres du gouvernement avec les ministères de l’éducation, de la défense, de la justice, affaires sociales etc… Mais aussi qui est composée des ONG de partenaires techniques et financiers, des partenaires de fonds et bien évidement les enfants qui sont quelques fois les plus affectés».
Il sied de souligner qu’un document qui comporte la déclaration des enfants a été signé parce que les enfants ont exprimé des besoins après avoir démontré par des témoignages leur vécu au quotidien en tant que victimes des attaques contre l’éducation et ce document a été signé par les autorités qui sont présentes ici, et qui va être un document de suivi pour les enfants parce que c’est eux qui ont fait cette demande. Une pancarte a été écrite pour engager collectivement les participants disant que, pour qu’on ait une République Démocratique du Congo demain qui soit viable, il faut mettre en œuvre la déclaration sur la sécurité dans les écoles.
Les efforts du Gouvernement
Au nom du ministère de la Défense nationale, le colonel Batabombi Apanza Jean Daniel a laissé entendre que le gouvernement congolais ne cesse de conjuguer des efforts pour la sécurisation des écoles et des enfants, bien qu’il reste encore beaucoup à faire.
«D’ailleurs, pas plus tard qu’au mois de juin, une lettre de rappel a été envoyée à toutes les unités qui doivent observer scrupuleusement le droit international humanitaire et de veiller à la protection des enfants et des femmes, sans compter les nombreux accords que la RDC a signé sur le plan international. Cela démontre la bonne volonté qu’a notre gouvernement de lutter contre ce mal. Malgré tout cela, il faut toujours continuer à prendre des mesures d’atténuation».
Témoignages émouvants
Victime des atrocités de Kamuina Nsapu, Victorine, élève d’une école détruite dans le Grand Kasaï, a témoigne: «Après le conflit, nous nous décidâmes de rentrer à l’école, nous trouvions alors une école détruite. Il n’y avait plus rien ni toitures, ni bancs, ni tableaux. Vu les conditions macabres, les enseignants ont refusé d’enseigner. C’est grâce au concours de l’organisme international Save the Children qui a reconstruit notre école que je peux maintenant retrouver le chemin de l’école après un bon moment en brousse».
De son côté, Charmant, victime des conflits armés à Kibumba à l’Est de la RDC a indiqué que : «Nous étions à l’école, vers 9h, nous avions entendu des tirs en direction de notre école. Soudain, le directeur nous a dit de prendre nos effets pour rentrer à la maison.

Arrivés à la maison, nous avions trouvé nos parents en train de s’apprêter pour s’enfuir. Et, nous avions marché jusqu’à Goma. Là, nous n’avions pas à manger, ni où dormir. Une semaine après la guerre, nous rentrâmes à Kibumba. Arriver à l’école, tout a été détruits (pas de bancs, ni tableau). Quand l’ONG Savez the Children a constaté cette destruction méchante des rebelles, elle a repeint et reconstruit notre école et nous avions repris à étudier dans des bonnes conditions. Merci beaucoup à Save the Children pour cette action caritative».
Appel à l’action des enfants aux autorités
Les attaques contre l’éducation sont synonymes de vie brisée pour les enfants congolais. Raison pour laquelle, ces enfants invitent des autorités congolaises de s’engager à s’investir dans la mise en œuvre sans délai de cette Déclaration en s’assurant que :

  1. Tous les élèves ont accès à l’école sure et sécurisée pour poursuivre leur apprentissage en temps de conflits armés. Ainsi, faire en sorte que les écoles ne soient pas utilisés comme camps de réfugiés permanent;
  2. Un mécanisme de suivi de mise en œuvre de la Déclaration sur la Sécurité dans les écoles est mis en place dans les meilleurs délais;
  3. Un plan d’action est développé et mis en œuvre chaque année;
  4. Les lignes directrices de la Déclaration sont intégrées dans les manuels de formation des militaires;
  5. Les positions militaires soient éloignées des écoles;
  6. Reconstruire les infrastructures scolaires détruites par les groupes armés dans les régions en conflit;
  7. Des mécanismes de signalement et de réponse aux cas d’attaques dans les écoles sont en place. Fournir à cette fin les numéros verts aux élèves pour faciliter les dénonciations s’il y a des cas d’attaques;
  8. Les comités des élèves dans les écoles existent et sont formés sur la sureté et la sécurité dans les écoles;
  9. Renforcer les dialogues communautaires entre les autorités scolaires et les groupes de pression pour trouver des compromis afin de laisser l’école comme une zone de paix pour notre apprentissage;
  10. Que le gouvernement fasse tout le nécessaire pour instaurer une paix durable dans les régions où les enfants n’étudient plus à cause des conflits armés.
    Rappel sur la déclaration
    La déclaration de la sécurité dans les écoles, qui est une déclaration politique non juridiquement contraignante mais qui engage les États politiquement à prendre des mesures nécessaires pour pouvoir sécuriser les écoles, les enfants, le personnel éducatif et cette décision a été prise par le gouvernement à partir de 2016.
    Jules Ntambwe

You may also like

Laissez un commentaire

Quotidien d'Actions pour la Démocratie et le Développement

Editeur - Directeur Général

 +243818135157

 +243999915179

ngoyimarcel@ymail.com

@2022 – All Right Reserved. La Prospérité | Site developpé par wetuKONNECT