Accueil La Une Tenue du 20ème  Congrès  National du Parti Communiste Chinois: quelles sont les réponses à  escompter par rapport à  la nouvelle situation mondiale ?Par le Dr. Prof. Antoine Roger Lokongo

Tenue du 20ème  Congrès  National du Parti Communiste Chinois: quelles sont les réponses à  escompter par rapport à  la nouvelle situation mondiale ?Par le Dr. Prof. Antoine Roger Lokongo

Par La Prospérité
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Le Parti Communiste Chinois (PCC) qui venait de célébrer son centième anniversaire l’année dernière, convoque ce 16 octobre 2022, son 20ème  Congrès National historique. Au cours de cet événement qui dure habituellement une semaine, quelque 2.300 délégués du PCC se réuniront au Palais du Peuple sur la place Tiananmen afin de désigner les membres du Comité Central pour les cinq prochaines années. D’entrée de jeu, nous souhaitons plein succès au 20ème  Congrès National du PCC et restons convaincus que sous la direction du Secrétaire Général du Comité Central du PCC et Président de la République Populaire de Chine, Xi Jinping, et avec le peuple chinois étroitement uni autour du PCC, la Chine accomplira de nouvelles et plus grandes réalisations dans le nouveau voyage vers l’objectif du deuxième centenaire de la Chine de construire un grand pays socialiste moderne à tous égards, et de réaliser avec succès le grand rajeunissement de la nation chinoise.

Ce qui compte pour nous, c’est le fait que 20ème  Congrès se tient dans un contexte marqué par la résurgence de la pandémie de maladie à Covid-19 et la guerre en Ukraine sur laquelle la Chine a adopté une position impartiale, objective et irréprochable. La Chine n’a jamais été impliquée dans le conflit russo-ukrainien, comme l’a confirmé le journal chinois Global Times basé à Beijing, dans son éditorial du 14 septembre 2022, la position de la Chine sur le conflit entre la Russie et l’Ukraine a toujours été la même, et la nature des relations de Beijing avec Moscou et Kiev n’a pas non plus changé.

La Chine a toujours défendu le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de tous les pays, se conformant aux buts et principes de la Charte des Nations Unies, attachant de l’importance aux préoccupations légitimes de sécurité de tous les pays, soutenant tous les efforts propices au règlement pacifique des crises, et s’engageant à promouvoir des pourparlers de paix pour apaiser la situation humanitaire. La Chine s’oppose constamment aux sanctions unilatérales et aux juridictions au bras long qui n’ont pas de mandat du Conseil de Sécurité de l’ONU.

Les parties russe et ukrainienne ont exprimé leur appréciation pour la position objective et impartiale de la Chine sur la question ukrainienne. Sur ce sujet, la Chine n’a jamais mis de l’huile sur le feu, ni profité de l’occasion pour rechercher ses propres intérêts géopolitiques, contrairement aux États-Unis et à l’Occident, qui ont continué à faire des provocations et veulent utiliser l’Ukraine pour faire tomber la Russie.

Nous avons pour preuves les déclarations des medias et politiciens occidentaux. «Les armes des Etats-Unis et de l’OTAN ont aidé l’Ukraine à inverser radicalement la situation», disent-ils. Récemment, un ancien député britannique a souligné que «ce sont les Etats-Unis qui sont prêts à se battre jusqu’à la dernière goutte de sang ukrainien et être prêt à se battre jusqu’au dernier Européen.» Maintenant, Washington veut épuiser davantage la valeur géopolitique de l’Ukraine, en essayant d’entraîner de force la Chine dans le conflit entre la Russie et l’Ukraine de toutes les manières possibles. Une telle cupidité est vraiment moche. Le résultat net de Washington est inférieur à ce que le monde peut imaginer.

Les cinq principes qui guident les relations de la chine avec les autres Etats:

Comme le Président Chinois Xi Jinping ne cesse de le souligner, les cinq principes qui guident les relations de la Chine avec les autres Etats sont:

1. Le respect des intérêts fondamentaux et le choix de la voie de développement de chacun et le soutien mutuel pour parvenir à la paix, à la stabilité et au développement.

2. La Coopération gagnant-gagnant basée sur le respect des intérêts de chacun,  la fidélité au principe de consultation et de coopération pour des avantages partagés, le renforcement de la synergie entre les stratégies de développement respectives et l’attachement à la voie d’une coopération gagnant-gagnant vers une prospérité commune.

3. L’engagement envers le principe d’égalité entre tous les pays, quelle que soit leur taille, la prise de décision par consensus et le règlement des problèmes par le biais de consultations amicales, et par conséquent le rejet de la pratique du plus fort intimidant le plus faible ou du plus grand intimidant le plus petit.

‘4. L’ouverture et l’exclusivité. la défense de la coexistence harmonieuse et l’apprentissage mutuel entre différents pays, nations et cultures, le dialogue entre les civilisations et la recherche d’un terrain d’entente tout en mettant de côté les différences. L’établissement d’un partenariat et le développement d’une coopération gagnant-gagnant avec d’autres pays et organisations internationales qui partagent cette vision.

5. L’équité et la justice, l’attachement aux buts et principes de la Charte des Nations Unies ; la résolution des grands problèmes internationaux et régionaux sur base de leurs mérites et l’opposition à la poursuite de son propre agenda au détriment des droits et intérêts légitimes des autres pays (allusion au discours du Président Xi Jinping au sommet de l’Organisation de Coopération de Shanghai,  Samarcande, 16 sept. 2022).

Il est clair que ces cinq principes privilégient l’approche développementale et non militaire souvent adoptée par l’Occident pour faire face aux défis mondiaux.

Quelles sont donc les réponses que le 20ieme congrès quinquennal du PCC apportera face à la nouvelle situation mondiale ?

Au niveau interne, cet événement est d’une grande portée politique, et pour le Parti, et pour le pays, car il se tient à un moment important où le Parti et le pays viennent d’amorcer un tournant majeur, décisif et historique: il s’agit de l’accomplissement d’un miracle, d’un «grand bond en avant»; ou, comme l’a dit le Président Xi Jinping, également Secrétaire Général du PCC et Président de la Commission Militaire Centrale, il s’agit « d’une victoire totale qui entrera dans l’histoire » – celle de l’éradication de l’extrême pauvreté. En effet, seulement pendant les huit ans derniers, près de 100 millions de personnes – soit 832 comtés pauvres ainsi que 128.000 villages – sont sorties de la pauvreté par le travail acharné, la recherche de l’amélioration de leurs conditions de vie et avec un esprit de sacrifice et d’auto-prise en charge. Par conséquent la Chine sous l’impulsion du PCC a atteint l’objectif du premier centenaire, celui de la construction d’une société modérément prospère à tous égards, en d’autres termes, le parachèvement de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance et la préservation de l’harmonie et la stabilité sociales.

Le peuple Chinois, tous les groupes ethniques inclus et sous le ferme leadership central du PCC, doit désormais canaliser ses énergies, ses efforts et ses ressources à relever tous les défis pour atteindre l’objectif du deuxième centenaire, celui de la construction d’un pays socialiste moderne à tous égards. Cela implique le maintien et le développement du socialisme à la chinoise ou aux caractéristiques chinoises dans la nouvelle ère, telle qu’articulé dans la  «Pensée du Président Xi Jinping»; une ère certainement marquée par le retour programmé de l’Empire du Milieu «au centre de la scène internationale». En d’autres termes l’occupation par la Chine d’une «place centrale» sur la scène internationale après les siècles d’humiliation. En fait, lors de la première session plénière de la Conférence Consultative Politique du Peuple Chinois en 1949, juste après la longue guerre de libération, le Président Mao Zedong a déclaré: « La nôtre ne sera plus une nation sujette à l’insulte et à l’humiliation. Nous nous sommes levés ! La Chine est debout ! Le moment où la nation chinoise était victime d’intimidation et abusée par les autres est révolu et ne reviendra jamais ! ».

Voilà ce qui a marqué le début d’une nouvelle époque du développement de la Chine, aujourd’hui, presque première puissance économique mondiale, étant donné que la notion de « grande puissance » fait référence à des domaines comme la capacité à contribuer à l’ordre mondial ou le développement militaire. En matière économique, la notion de « puissance économique » est souvent mesurée par le produit intérieur brut (PIB).

Selon un décryptage réalisé par Stéphane Aymard, ingénieur de Recherche, à La Rochelle Université, France, sur la concurrence économique entre la Chine et les États-Unis (Journal du Dimanche, 27 avril 2022), la Banque Mondiale estime que les PIB totaux sont respectivement de 15 000 milliards de dollars pour la Chine et 21 000 milliards pour les Etats-Unis. La tendance montre quand même que les courbes pourraient se croiser d’ici trois ou quatre ans. Et, si on utilise les PIB constants en parité de pouvoir d’achat, la Chine a déjà dépassé les États-Unis avec 23 000 milliards contre 20 000 milliards.

Le Fonds Monétaire International (FMI), dans son «World Economic Outlook», indique quant à lui des prévisions pour 2022 pour le PIB courant à 18 000 milliards de dollars en 2022 pour la Chine contre 24 000 milliards pour les Etats-Unis.

On observe d’ailleurs que la Chine a fait un bond sur ces deux dernières décennies en matière commerciale. D’après l’Organisation Mondiale du Commerce à laquelle la Chine a adhéré en 2001, pour les exportations de marchandises, la part de la Chine est passée de 5,9 % à 15,2 % entre 2003 et 2020, alors que la part des États-Unis a reculé de 9,8 % à 8,4 %. La Chine est donc désormais, et de loin, le premier exportateur mondial de marchandises. En valeur, cela représente 2600 milliards de dollars pour l’Empire du Milieu, contre 1400 milliards de dollars pour les États-Unis. En 2009, la Chine a dépassé les États-Unis en tant que partenaire commercial des cinquante-trois pays africains pris ensemble.

Au-delà de l’indicateur que constitue le PIB, on observe également que la Chine rivalise désormais avec les États-Unis en matière d’innovation. La Chine est ainsi devenue le premier déposant mondial de brevets en 2011 devant les États-Unis et le Japon. Longtemps considérée comme une nation douée pour la copie, la Chine a donc depuis plusieurs décennies misé sur l’innovation et la R&D (même si le nombre de brevets n’est pas le seul indicateur, car il faut examiner l’exploitation de ces brevets les redevances qu’ils génèrent). Selon l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, l’écart est même en train de se creuser : la Chine dépose plus de deux fois plus de brevets que les Etats-Unis et représente à elle seule 43 % de dépôts dans le monde.

Le PCC  a été fondé le 1er  juillet 1921. Au total, 12 délégués représentant environ 50 membres du PCC à l’échelle nationale se sont secrètement réunis dans une vieille maison de Shanghai. Cette réunion considérée comme «Premier Congrès du PCC» s’est poursuivie dans un bateau sur le Lac du Sud à Jiaxing, Province du Zhejiang. Depuis lors, le PCC a courageusement assumé la mission historique de réaliser le rajeunissement national et le bien-être du peuple en dépit de dures épreuves périlleuses et des difficultés terrifiantes. Les décisions prises dans ce petit bateau rouge ont depuis lors porté  le rêve des millions et des millions de Chinois de rajeunir la nation et de construire un pays fort et prospère. A ce jour, le PCC a gagné et conservé l’appui du peuple car il lui assure un bon niveau de vie.

Avec 92 millions de membres, soit 6,6 % de la population, et des critères de sélection très rigoureux (on compte parmi les membres les diplômés de l’enseignement supérieur, les entrepreneurs privés ainsi que les ouvriers et les paysans), le PCC, à  la fois un parti des masses révolutionnaires devenu un parti du gouvernement, est de loin le plus vaste parti politique et la force politique la plus puissante au monde. Le Comité Central  composé de 200 membres élit le secrétaire général (Xi Jinping sera vraisemblablement réélu cette fois-ci et donc se succéderait) et les 24 membres du Comité Permanent du Bureau Politique, censés prendre collectivement toutes les décisions importantes.

La Chine sous le leadership du PCC avance à  pas de géant

Comme le dit le communiqué adopté lors de la Sixième Session Plénière du 19e Comité Central du PCC le 11 novembre 2021, les résultats économiques de la Chine sous la direction du PCC par sa vision du socialisme aux caractéristiques chinoises, c’est-à-dire, issues de la civilisation, de l’histoire et de la culture de la Chine (différente ou opposée aux systèmes de valeurs occidentaux ou au système politique impérialiste occidental) sont très impressionnants: un système industriel indépendant et relativement complet et un cadre économique national bien établi qui fait de la Chine presque la première puissance économique mondiale après les Etats-Unis (comme ci-haut démontré); les conditions de la production agricole nettement améliorées; les infrastructures dans tous les domaines modernisées, des progrès impressionnants réalisés non seulement dans l’exploration spatiale, c’est-à-dire de nouvelles percées en matière de vols spatiaux habités et d’exploration de la planète Mars, mais aussi,  dans le cadre des programmes sociaux tels que l’éducation, la science, les nouvelles technologies innovatrices bien avancées comme l’Intelligence artificielle, l’informatique quantique et les technologies vertes, bref, dans le domaine des technologies clés et des technologies de base (investissements accrus dans le domaine de Recherche et Développement ou R-D), utiles pour la prospection de ressources naturelles, des projets énergétiques et la transformation de ces ressources sur place en vue de la création d’emplois et des marchés locaux et internationaux; la culture, la santé (la stratégie «Zéro COVID » de la Chine a fait ses preuves) et les sports – le succès des jeux olympiques d’hiver viennent encore d’élever davantage la stature internationale de la Chine.

En ce qui concerne l’édification de la civilisation écologique, la bataille décisive contre la pollution a été renforcée; les émissions des principales matières polluantes ont continué à diminuer grâce aux technologies vertes. L’Armée Populaire de Libération (APL) a continué à se renforcer. En effet, nous venons de voir comment  l’APL vient de fléchir ses muscles ou de démontrer sa puissance dans le détroit de Taïwan à la suite de la visite provocatrice de Nancy Pelosi dans la province chinoise de Taïwan (notons que la Chine est l’une des grandes puissances nucléaires du monde); et la diplomatie humiliante de l’ancienne Chine a pris fin, remplacée par la diplomatie de grand pays aux caractéristiques chinoises, caractérisée par des relations de dialogue. En d’autres termes, la construction de la communauté de destin pour l’humanité, des partenariats stratégiques à travers le monde entier, approfondissant ainsi une coopération pragmatique dans la mise en œuvre de l’Initiative « Une Ceinture et une Route» y compris avec la Russie et l’Ukraine;  la participation active au développement et à la réforme du système de gouvernance mondiale, la coopération internationale contre les épidémies, et d’autres enjeux et défis planétaires. A cet effet, Xi Jinping parle d’une «humanité au futur partagé», qui doit harmonieusement tracer une route que tous pourraient suivre. La Chine a ainsi apporté une contribution active à la paix et au développement dans le monde.

Au niveau de la politique étrangère, en dépit du fait que «la soif de conquête fait partie de la logique de concurrence du capitalisme et ne va pas disparaitre avec « du bon sens » ou « de la bonne volonté», comme le note le texte du Congrès du Parti du Travail de Belgique de 2015. mais aussi des contraintes et de l’instabilité qui en suivront pour l’économie et les relations diplomatiques au niveau mondial à cause de la guerre en Ukraine, le rapport d’activités du Gouvernement Chinois, présenté le 5 mars 2022 à la cinquième session de la XIIIe Assemblée Populaire Nationale de la Conférence Consultative Politique du Peuple Chinois (CCPPC) par le Premier Ministre Li Keqiang, souligne que la Chine restera attachée à sa politique extérieure d’indépendance et de paix, poursuivra fermement la voie du développement pacifique, œuvrera à établir un nouveau type de relations internationales, et promouvra la construction de la communauté́ de destin pour l’humanité́.

«Nous ferons progresser la mise en œuvre de l’Initiative pour le développement mondial et ferons rayonner les valeurs communes à toute l’humanité́. Bâtisseur de la paix mondiale, contributeur au développement dans le monde et défenseur de l’ordre international, la Chine entend travailler avec la communauté́ internationale pour apporter une plus grande contribution à la promotion de la paix, de la stabilité́, du développement et de la prospérité dans le monde ! », a conclu le rapport.

C’est dans ce contexte que Xue Bing, Envoyé Spécial Chinois pour la Corne de l’Afrique, a effectué une tournée dans sept pays de la Corne de l’Afrique au mois de mars dernier pour «apprendre à les connaître». Après avoir visité l’Éthiopie, le Djibouti, la Somalie et l’Érythrée, Xue Bing est arrivé  à Nairobi, au Kenya, après quoi il s’est rendu en Ouganda et au Soudan du Sud. A la suite de cette visite, la Chine a organisé une conférence de paix dans la Corne de l’Afrique pour le règlement des conflits dans la Corne de l’Afrique, qui a eu lieu du 20 au 22 juin à Addis-Abeba, une première dans l’histoire de la diplomatie chinoise qui privilégiait toujours sa sacro-sainte politique de non-ingérence.

Par une lutte acharnée, le Parti et le peuple Chinois multiethnique ont montré au monde qu’il est capable non seulement de démanteler l’ancien monde, mais aussi d’en construire un nouveau, que seul le socialisme pouvait sauver la Chine et que seul le socialisme pouvait développer la Chine. Sans le PCC, il n’y aurait pas de nouvelle Chine. Cela prouve aussi que le PCC, qui, lui-même a fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille, n’a pas d’intérêts particuliers en dehors des intérêts de la classe ouvrière et de la plus large majorité du peuple chinois. Depuis 1978, le PCC a élaboré une stratégie qui donne la priorité au développement des forces productives. Le Président Xi Jinping a depuis 2013 mis l’accent sur la correction des déséquilibres qui avaient pris forme dans la réalisation de cette stratégie: l’inégalité au sein de la société chinoise, la corruption, la nécessité de devenir un pays d’avant-garde au niveau du développement des technologies etc…, et ça a payé. Tout cela a résulté dans une politique étrangère qui visait la stabilité, la paix et une évolution vers le statut de puissance mondiale.

Cependant, le 20eme Congrès National du PCC se tient dans un contexte particulier et les enjeux auxquels il doit s’attaquer sont multiples, notamment la résurgence de l’épidémie de Covid-19 qui risque de compromettre la reprise de l’économie mondiale et la guerre en Ukraine – Dieu nous en garde que la guerre ne s’internationalise pas davantage ou ne devienne pas nucléaire voire même biologique !

Ce serait très intéressant de voir comment le PCC va réagir et évoluer dans la nouvelle ère qui vient d’être inaugurée  par la guerre en Ukraine. Le contenu du 20ème Congrès du PCC sera important pour le monde entier. En effet, la guerre en Ukraine n’est pas un simple conflit local entre la Russie et l’Ukraine, et il ne suffit pas d’examiner uniquement l’opposition entre l’OTAN, les Etats-Unis et les pays européens et la Russie. Ce conflit s’inscrit dans un contexte géopolitique déterminé par l’opposition entre la Chine montante et les Etats-Unis en déclin, y compris en Afrique.

La Chine mise sur la RDC comme le pivot autour duquel tournera le développement de l’Afrique

La Chine et la République Démocratique du Congo ont commémoré le 50eme anniversaire des relations diplomatiques entre la RDC  et la Chine (1972-2022), n’est pas fortuite. La Chine considère la RDC comme le « cœur » et donc « le moteur» de l’Afrique compte tenu de ses potentialités immenses. En effet, c’est à Kinshasa que la Chine est en train de construire l’une de ses plus grandes ambassades en Afrique centrale. Souvenons-nous de ce que le Conseiller d’Etat et Ministre des Affaires Etrangères Chinois Wang Yi a déclaré lors de sa visite à Kinshasa  en 2015:

«La Chine va continuer à développer la coopération mutuellement avantageuse dans le domaine économique en vue de réaliser la coopération gagnant-gagnant et contribuer à la prospérité partagée de deux pays. La Chine reste toujours très attachée à ses relations avec la RDC. Et pour nous, la RDC est un partenaire important sur le continent africain. La RDC est le cœur de l’Afrique, et en tant que bonne amie de la RDC, nous espérons que ce cœur se battra d’une manière plus stable, plus forte et plus durable.»

Peut être sans le savoir, Monsieur Wang a emboité le pas à Mzee Laurent Désiré Kabila, qui voulait vraiment faire jouer au Congo son vrai rôle de «pivot», de « cœur » et donc « le moteur» de l’Afrique: “Les indépendances africaines offrent au monde le spectacle tragique d’un continent trahi, pillé, humilié et exsangue avec la complicité de ses propres filles et fils. Nous exprimons le vœu de voir  l’Afrique sortir du 20ème siècle guérie de toute velléité de dépendance extérieure, et réaffirmons  que le combat pour l’indépendance et la souveraineté du Congo  concerne tout le continent Africain car notre pays s’est donné  pour vocation africaine d’exporter la paix [et non la domination], la sécurité et le développement au reste de l’Afrique. Une République Démocratique du Congo faible, c’est  une Afrique vulnérable à partir de son centre, j’allais dire, c’est une Afrique sans cœur.”,  Dixit Mzee Kabila, 3ème  Sommet de la COMESA tenu le 29 juillet 1998 tenu à Kinshasa.

Evidemment, la RDC a été le pays le plus trahi par ses dirigeants très occidentalisés dans leur psyché, surtout ceux de la 2eme république en occurrence et actuellement: situation politique instable, une classe politique corrompue et facilement corruptible, inconsciente et jouisseuse avec une conception de l’Etat et du pouvoir quasiment opportunistique, des infrastructures sous-dimensionnées au regard de sa taille, des conflits intérieurs, un pays livré aux agressions, aux occupations, aux pillages, aux viols par les pays voisins et des bandes armées… Les pays voisins comme l’Ouganda, le Rwanda, la Tanzanie et le Burundi ont le culot de proposer au Gouvernement Congolais la construction des infrastructures routières au Congo, alors que les leurs sont construites dans le cadre de leur coopération avec la Chine, notamment dans le cadre de l’Initiative «Une Ceinture, une Route»). Pauvre Congo ! Evidemment un proverbe chinois ne dit-il pas que «Le poisson voit l’appât et non l’hameçon» ?! Allez-y comprendre ! 

Alors que personne ne peut nous montrer un seul hôpital construit par le Gouvernement Américain en RDC, un demi-siècle d’histoire de la coopération sino-congolaise démontre qu’avec une coopération et un partenariat stratégique avec la Chine, la RDC peut facilement se tirer de tous ces maux et carences,  ci-haut,  évoqués.  Le bilan du partenariat stratégique sino-congolais axé sur la coopération gagnant-gagnant s’avère être bénéfique aux deux pays et aux deux peuples.  

Ce bilan de 50 ans des relations diplomatiques, largement positif, a été résumé par S.E.M ZHU Jing, Ambassadeur de Chine en RDC comme suit:

«La coopération sino-congolaise est effective dans plusieurs secteurs tels que les mines, les infrastructures  routières, la construction des stations de production d’énergie, dont le dernier est le lancement par le président Félix Tshisekedi, le 27 Juillet 2021, des travaux de construction de la centrale hydroélectrique de Kinsuka à Kinshasa. 

[Mais notons que dès sa prise de pouvoir, le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a procédé soit à l’annulation, soit à  la revisitation  des contrats chinois signés par son prédécesseur Joseph Kabila dans les secteurs ci-haut énumérés].

«Le coût d’investissement des entreprises chinoises en RDC est de 176 millions USD d’où la RDC est devenue la première destination des investissements chinois en Afrique durant les six premiers mois de l’année 2021.

«Sur le plan diplomatique, le Président Chinois Xi Jinping et son homologue Congolais Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo ont réussi à s’entretenir au téléphone en mai dernier, ce qui a montré la bonne voie à suivre pour le développement des relations sino-congolaises. La visite officielle du Conseiller d’Etat et Ministre chinois des Affaires Etrangères Wang Yi en RDC au début de l’année a donné un nouvel élan au développement des relations bilatérales. A cette occasion, la Chine a procédé à l’annulation de la dette de la RDC chiffrée à $28 millions et un mémorandum d’entente sur la promotion conjointe de la coopération dans le cadre de « la Ceinture et la Route » au nom des gouvernements des deux pays a été signé».

Selon le Conseiller d’Etat et Ministre des Affaires Etrangères Chinois M. Wang Yi, «la Ceinture et la Route» est une importante initiative de coopération internationale visant à promouvoir la complémentarité économique entre divers pays et à mettre en synergie leurs stratégies de développement pour conjuguer leurs efforts de développement et réaliser un développement et une prospérité communs. Actuellement, la Chine a signé des documents de coopération sur «la Ceinture et la Route» avec 44 pays africains. M. Wang s’est félicité de voir la RDC devenir le 45e partenaire en Afrique de la coopération sur «la Ceinture et la Route». Il s’est dit convaincu que la signature de ce mémorandum d’entente entre les deux pays enverrait un signal positif montrant que la Chine et la RDC œuvraient à un développement et une prospérité communs et qu’elle permettrait de renforcer la coopération entre les milieux économiques des deux pays, d’injecter une dynamique plus forte à la coopération mutuellement bénéfique et d’ouvrir des perspectives plus prometteuses pour les relations bilatérales.

Depuis lors, c’est la RDC qui traine les pieds pendant que les pays voisins avancent au détriment de la RDC. «On peut mener un âne à la rivière, mais on ne peut le forcer à boire», dit-on !

La Chine a soutenu inconditionnellement la lutte congolaise pour l’indépendance. Depuis la normalisation de leurs relations en 1972, les deux pays ont vu leur partenariat se développer sans cesse. Sur le plan des infrastructures économiques et sociales, il y a le Palais du Peuple, le Stade des Martyrs (le plus grand stade d’Afrique, construit textuellement comme le Stade su «Nid d’Oiseau» ou le stade national à Beijing), l’Hôpital Général de N’djili, le Bâtiment Administratif du Gouvernement Congolais, l’Hôpital Général de référence à Lubumbashi et la Centrale Hydraulique Zongo II, ont été construits avec l’assistance de la Chine et demeurent des exemples de l’amitié sino-congolaise.

Les échanges humains sino-congolais sont de plus en plus intenses. Chaque année, la Chine octroie une centaine de bourses aux étudiants Congolais dans le cadre de la formation universitaire et professionnelle. L’Institut Confucius à Kinshasa et l’Association pour l’Amitié RDC-Chine sont bien établis. Les visites croisées des équipes artistiques et sportives sont de plus en plus fréquentes. La Chine donne aussi des chances de formation, de visite en Chine pour les fonctionnaires du Gouvernement Congolais. La coopération militaire entre la Chine et la RDC est en bonne marche. La Chine continue d’assurer la formation d’officiers militaires Congolais et d’octroyer des matériels logistiques militaires aux FARDC.

Le volume total du commerce bilatéral du janvier au juillet 2021 a atteint $ 7,763 milliards, soit une augmentation de 97,1% en glissement annuel. Une série de projets de coopération pragmatique se déroulent sans heurts : la construction du Centre Culturel et Artistique d’Afrique Centrale financé par le Gouvernement Chinois avance bien; la construction du Poste de 220KV à Kinsuka a été lancée avec succès; la Centrale Hydroélectrique de Busanga est sur le point d’être mise en service pour la production d’électricité.

Avec l’adhésion de la RDC à l’initiative « la Ceinture et la Route », la coopération sino-congolaise bénéficiera de plus d’opportunité et connaitra un avenir plus prometteur.

Sur le plan sanitaire, 400 000 doses de vaccins anti-covid offerts par le Gouvernement Chinois étaient  bien arrivées à Kinshasa le 29 septembre 2021, ce qui témoigne de nouveau la solidarité du peuple chinois vis-à-vis du peuple congolais.

Sur le plan culturel, l’Institut Confucius à Kinshasa a organisé avec succès le premier Test d’Evaluation de la Langue Chinoise. 59 jeunes congolais ont reçu leurs bourses du Gouvernement Chinois pour poursuivre leurs études universitaires en Chine.

La Chine accepte aussi d’accompagner la RDC, dans la mise en œuvre du projet de développement à la base des 145 territoires. Ce projet consiste à construire des infrastructures de base dans les territoires pour réduire la pauvreté, stopper l’exode rural et engranger une dynamique de développement (Xinhua, 24.01.2022).

Pour M. Zhu Jing, la RDC a tous les moyens et les ressources nécessaires pour contrer la pauvreté et créer un pays riche et prospère. Tout en faisant un parallèle entre les atouts écologiques et climatiques entre la Chine et la RDC, celui-ci estime que la RDC peut se démarquer et emprunter résolument la voie du développement.

“La RDC a tous les atouts pour devenir une autre Chine en Afrique. C’est ma ferme conviction. Quand on fait la comparaison, les deux pays ont un vaste territoire. La Chine d’ailleurs ne compte que 7% de terres arables pour nourrir 1,4 milliards d’habitants. Une grande partie du territoire chinois est composée des sables, montagnes et désert. La Chine fait face aux catastrophes naturelles tous les ans.  Mais la RDC est d’abord un scandale géologique avec 50% de terres arables. Le Congo n’enregistre pas fréquemment les cas de tremblement de terre, d’inondation. Le Congo a tout, le soleil, les fleuves, les forêts, les mines. Le Congo a aussi une population trop jeune, dynamique. Donc la RDC a des avantages considérables pour devenir la Chine de l’Afrique”, a-t-il déclaré.

Selon lui, la prospérité de la RDC va dépendre du système politique, économique et social établis par les autorités administratives. «Si les congolais réussissent à s’organiser, à mettre en place un système politique, économique et social adapté aux réalités du pays, la RDC pourrait devenir très vite plus prospère que la Chine, en Afrique», a-t-il indiqué, précisant qu’il ne donne de leçons à personne (Sino-Africa Magazine, 17 décembre 2021). Nous y croyons !

Conclusion

A l’issue de la tenue du 20ème  Congrès National historique du PCC, nous pouvons être sûrs que face aux changements globaux, la Chine se fixera de nouveaux objectifs y compris dans sa politique étrangère, notamment, par exemple, en projetant sa puissance de plus en plus croissante sur la scène mondiale. La Chine, en raison de sa remarquable montée en puissance économique, technologique et militaire, son influence diplomatique, son idéologie et ses valeurs culturelles ou civilisationelles, est incontournablement capable de façonner un nouvel équilibre ou ordre mondial, non pas par des guerres hégémoniques mais par la promotion du multilatéralisme et de la coopération «gagnant-gagnant» comme mode de partenariat. C’est nécessaire pour la sécurité et le développement économique au niveau mondial face aux défis communs du changement climatique, des épidémies, de la croissance démographique, de la gouvernance mondiale, du terrorisme et des conflits internes et interétatiques.   

La puissance de la Chine sur les affaires mondiales au XXIe siècle ne l’empêche pas à élargir, à renforcer ou à consolider ses sphères ou zones d’influence. Mais,  ce qui remarquablement différencie la Chine en tant que superpuissance avec les Etats-Unis c’est la culture de la Chine de vouloir partager ses expériences dans le cadre d’une «coopération gagnant-gagnant» et non dominante ou asymétrique (déséquilibrée) avec les autres pays du monde, plus particulièrement,  les pays du Sud, les pays africains,  en général,  et la RDC,  en particulier. Et cette culture ne changera pas parce qu’elle est enraciné dans la civilisation millénaire chinoise.  

C’est pourquoi, les pays du Sud, les pays africains en général et la RDC en particulier sont exhortés à agir collectivement, dans le cadre des plateformes sino-africaines établies (comme le Forum de Coopération Chine-Afrique ou «Forum of China-Africa Cooperation or FOCAC; BRICS ou l’Initiative «Une Ceinture, une Route»); pour tirer des gains réels et durables de l’opportunité offerte par la Chine, à la fois en tant que partenaire de développement et en tant que force de diversification sur la scène internationale, comme le suggère le Professeur Dr David Monyae de l’Université de Johannesburg.

De toutes les façons, le déclin inratable des Etats-Unis poussera les pays du Sud, les pays africains en général et la RDC en particulier à renforcer leurs liens avec la Chine en vue  de la promotion des bases sociopolitiques et économiques solides et stables et la protection de leurs intérêts nationaux respectifs. Nous assumons donc que la Chine restera largement fidèle à sa vision déclarée d’une position non hégémonique.  Et la RDC, si riche qu’elle est, si elle était un peu plus ambitieuse, devrait naturellement devenir membre des pays BRICS pour constituer les pays BRICCS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Congo et Afrique du Sud).

La coopération de la RDC avec la Chine peut transformer la RDC en un hub industriel en Afrique, où son coltan, son cobalt seront transformés sur place pour développer une industrie de haute technologie sur place. La formation de nombreux jeunes experts Congolais par la Chine dans divers domaines dotera la RDC des ressources humaines fraîchement qualifiés, susceptibles de constituer entre autres une nouvelle classe politique débarrassée de vieilles mentalités et des pratiques de corruption profondément ancrées dans les psychés depuis l’époque de Mobutu. Lorsque ses citoyens opérant en RDC se livrent à des pratiques de corruption, la Chine prend cela très au sérieux, à tel point que lorsque certains Chinois ont été accusés d’exploitation minière illicite au Sud-Kivu par le gouvernement de Félix Tshisekedi, Beijing les a tous rappelés – le même gouvernement de Felix Tshisekedi qui a foulé aux pieds le principe de la continuité de l’Etat et a procédé sous la pression occidentale à annuler tous les contrats que le régime précédent de Joseph Kabila a signés avec la Chine. Cependant, contre toute attente, de hauts responsables Congolais du même gouvernement de Félix Tshisekedi viennent d’être indexés pour corruption par les mêmes Américains, ils sont désormais la cible des sanctions de la part du gouvernement américain (même l’Ambassadeur Américain Mike Hammer qui ne tarissait pas d’éloge pour son ami Fatshi a déclaré avant de quitter la RDC à la fin de son mandat que les investisseurs Américains ne viendront jamais en RDC à cause de la corruption et du tribalisme); même si, en même temps, certaines sociétés américaines opérant en RDC,  comme Alpha Mines à Bisiye, près de Bunagana, et donc près de nos frontières avec le Rwanda et avec l’Ouganda  (il existe certainement des liens inconnus quant à ce) se taillent la part du lion dans l’exploitation des richesses minières de la RDC, elles se comportent en fait comme des petits Etats dans un État qu’est la RDC.

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