(Par Charlotte Chattie Mbombo Kalumbu)
Secrétaire Générale Adjointe chargée de la Mobilisation, des Fédérations et de la Communication, Porte-parole du Parti
Eduquer une femme, c’est éduquer une nation, dit-on. Car, l’éducation est le plus puissant facteur de réduction de la pauvreté, le cas précisément de notre pays, la République Démocratique du Congo.
La femme apporte donc une énorme contribution à l’économie, que ce soit au sein des entreprises, dans la politique d’un État, dans l’entrepreneuriat, en tant qu’employée ou par le travail non rémunéré à la maison où elle s’occupe de sa famille.
L’origine de la célébration de la Journée Internationale de la Femme est connue de tous.
Opprimée par le régime socialiste vers les années 1910, raison pour lequel une activiste et journaliste comme moi ici présente, mais d’origine allemande, fit un appel à toutes les femmes du monde, à se lever et à exiger l’égalité des droits, les meilleures conditions de travail, le droit à l’éducation, le droit de vote et d’être considérée comme une partenaire et non une esclave.
C’est même la raison qui nous anime, toutes et tous, ce 8 Mars 2025 pour faire à nouveau entendre nos voix.
Puisque nous sommes en République Démocratique du Congo, voyez aujourd’hui le cas de la femme congolaise.
Bien que marginalisée, rétrogradée et doit à chaque fois avoir à assumer toutes les interdictions de nos coutumes et des traitements inhumains par la communauté masculine, donc la femme a le devoir d’être conservatrice de certaines bonnes morales et coutumes de nos traditions.
Certes, il y a aujourd’hui plusieurs pratiques coutumières à perpétuer ainsi que ce qui doit être banni pour espérer atteindre l’égalité professionnelle, économique et l’autonomisation de la femme, car c’est elle le pilier de la société.
À titre illustratif.
1) Dot :
Cette célèbre coutume qui crée une controverse sur l’identité de la femme congolaise et la réduit à un objet qui est vendu au plus offrant en fixant des prix exorbitants selon que la fille est instruite, éduquée ou intellectuelle. Au début, la dot était seulement symbolique. Aujourd’hui, elle est transformée en source des revenus pour les familles de nombreuses filles.
De nos jours, indépendantes et féministes que nous sommes devenues, devons défendre nos droits avec bravoure et arrêtons d’être livrées aux hommes comme de simples marchandises.
2) Kintwidi :
Connexion personnalisée, de la naissance d’une fille à son futur mari, de surcroît membre de sa famille plus précisément son oncle maternel.
3) Polyandrie :
Exemple de nos sœurs Bashilele, une ethnie présente dans la Province du Kasaï. Cette pratique ancestrale qui autorise une femme à se marier à plusieurs hommes.
Il existe beaucoup d’autres contradictions, à mon humble avis, dans nos coutumes toujours luba par la pratique de « tshibawu » et « tshibindi ».
Plusieurs autres pratiques traditionnelles sont vraiment à abolir. C’est le cas des mutilations génitales féminines, du mariage forcé et précoce (soutenu même dans certaines de nos religions dans le pays), du test de virginité, de la discrimination féminine, du harcèlement sexuel dans l’environnement professionnel et éducatif. Tous ces fléaux ont des conséquences dévastatrices sur la vie, le développement et l’émergence des femmes, donc de l’avenir même de notre pays.
Cependant, malgré tout cela, nous devons reconnaître que nous avons aussi de bonnes coutumes et mœurs à valoriser et à inculquer aux générations futures.
La femme congolaise se fait respecter d’abord en raison de son habillement décent, de sa modestie et du sens élevé de pudeur conformément aux bonnes manières et à la bonne éducation reçue de ses parents.
Une des raisons pour lesquelles le 8 mars de chaque année, la femme congolaise porte le pagne, signe de l’illustration de cette femme vertueuse que nous sommes et devons léguer jusqu’à l’arrivée de Jésus-Christ.
La fille congolaise est celle qui doit préserver sa virginité pour son futur mari de son propre choix.
La femme congolaise est celle dont la politesse reste un atout majeur bien que le contexte socio-économique pose un problème.
La femme congolaise doit savoir peser les avantages et les inconvénients lorsque l’influence étrangère (Ki Lelo) l’envahit, donc face à l’invasion des coutumes étrangères perverses.
La femme congolaise ne doit pas se laisser influencer par les smartphones, Netflix, Nollywood, Canal + avec leurs programmes avilissants qui la met au ban de sa société ou font de nous des femmes aux mœurs légères ou dépendantes complètement des hommes ou même des mères célibataires sans issues de sortie (oh oui la triste réalité, mais c’est la vérité).
Par contre, les femmes congolaises doivent apprendre à se soutenir en communauté avec des pratiques telles que l’entrepreneuriat, l’engagement dans la politique, pour quoi pas s’enrôler dans l’armée et dans la police.
Elles doivent aspirer à occuper des postes de commandement dans l’administration ou entrer au gouvernement pour finalement contribuer au changement radical des mentalités de notre société. Car, femmes, nous sommes les socles de notre société.
Fait à Kinshasa, le 08 Mars 2025.