Accueil » Crise sécuritaire dans le Kongo Central, Boma : la population s’en prend aux forces de l’ordre

Crise sécuritaire dans le Kongo Central, Boma : la population s’en prend aux forces de l’ordre

Par La Prospérité
0 commentaire

Le ciel était assombri des grandes fumées noires et la population plongée dans un traumatisme ce jeudi 28 août 2025 dans la ville portuaire et historique de Boma, dans la province du Kongo Central. La population s’en est prise à la police qu’elle a accusée de complicité avec les braqueurs dans les crimes commis depuis plus de six mois dans cette ville. Des pertes en vies humaines et d’importants dégâts matériels ont été signalés en plus des arrestations dans le camp de la population.

Bureaux et marchés fermés suite aux échauffourées qui ont éclaté pour décrier les cas d’insécurité urbaine croissante qui menacent la quiétude des bomatraciens.

La population accuse certains éléments de la police qui d’être en connivence avec les criminels dans des opérations de braquages longtemps dénoncées mais qui, jusqu’avant cette colère populaire, n’avaient jamais été réprimées.

Les faits remontent d’une semaine, selon une source qui a requis l’anonymat, lorsque des criminels armés ont fait irruption dans un domicile vers 2h du matin au quartier Lazaret. Alors que la population tentait de contacter la police pour un secours, c’était malheureusement le téléphone de l’un des criminels qui sonnait par le numéro présumé de l’agent de l’ordre contacté. Alertée par les témoins de l’événement, la population est sortie pour porter secours à la famille visitée par les braqueurs.

Selon la même source, tous les bandits se sont évadés du lieu du crime sauf un qui a connu un léger retard. Pris la main dans le sac par la population, le criminel a été lynché puis tué sur place avant l’avènement de la police vers 6h du matin.

Comme si cela ne suffisait pas, un autre groupe de criminels s’est décidé délibérément de commettre un forfait en plus dans la nuit du 27 au 28 août au quartier Kilomètre 8 (Km 8), quartier situé à l’entrée de la ville. Contactée vers 1h du matin, la police s’est pointée plusieurs heures plus tard. Cela a provoqué la colère de la population toujours visitée par des criminels armés, non autrement identifiés, mais jamais secourue à l’heure par les forces de l’ordre.

La colère de la population est montée d’un cran. Des Ciats et Sous-Ciats ont été incendiés dans la plupart des quartiers populaires de la ville suite aux affrontements qui ont dégénéré entre les forces de l’ordre et la population.

Ces affrontements ont causé des pertes en vies humaines et des dégâts matériels assez importants ainsi que des arrestations jugées « arbitraires » par la population.

Saisie par l’autorité urbaine, une délégation du gouvernement provincial, conduite par le Ministre de l’Intérieur Jacques Kiazulua, a été dépêchée et est arrivée à Boma pour une réunion de sécurité d’urgence avec l’autorité urbaine ainsi que tous les membres du Conseil urbain de sécurité en vue de calmer la population qui, jusque-là, se trouvait encore dans un état de traumatisme avéré.

Concomitamment, plusieurs décisions ont été prises par l’autorité provinciale à l’issue du Conseil de sécurité provincial tenu par le gouverneur Grâce Bilolo à Matadi sur la situation déplorable qui a prévalue dans cette deuxième plus grande ville du Kongo Central. Parmi lesquelles, le rappel à Matadi de l’actuel Commissaire supérieur urbain Colonel Paul Mwilambwe, son adjoint le Colonel Blaise ainsi que du Major Zizi Sindani de la Police de Circulation Routière. En attendant, le Colonel Célé Tsasa, natif de Boma et réclamé par les bomatraciens, a été désigné immédiatement pour assurer le commandement de la ville en vue de mettre fin à la crise de confiance entre la population et l’ancienne équipe de la police. Egalement le retrait des policiers venus de Matadi et leur remplacement immédiat.

Le calme est revenu timidement en début de soirée, selon la même source concordante, malgré la peur et la méfiance entre la population et les forces de l’ordre.

Suite à ce drame survenu lors des manifestations ayant causé des pertes en vies humaines parmi la population, le Maire ad intérim a, dans un communiqué publié dans la soirée du même jour, exprimé sa solidarité à toutes les personnes affectées par ce tragique événement.

Elle a, par ailleurs, rassuré que toutes les responsabilités seront établies et que les auteurs de ces violences répondront de leurs actes. Car, les dispositions sont prises pour que justice soit rendue et que de tels événements ne se reproduisent plus.

Engagée pour la paix, la sécurité et le respect de la dignité humaine, madame le Maire par intérim, Me Claudelle Phemba, ne ménage aucun effort pour rendre la ville de Boma plus vivable.

César Nkangulu

You may also like

Laissez un commentaire

Quotidien d'Actions pour la Démocratie et le Développement

Editeur - Directeur Général

 +243818135157

 +243999915179

ngoyimarcel@ymail.com

@2022 – All Right Reserved. La Prospérité | Site developpé par wetuKONNECT