Après 30 années d’absence, la République Démocratique du Congo (RDC) retrouve son siège de membre non permanent au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Ce retour s’inscrit dans un contexte complexe, où la crise sécuritaire dans l’Est du pays et les tensions géopolitiques exacerbées soulignent l’urgente nécessité d’un dialogue international renforcé. L’importance de ce moment diplomatique pour Kinshasa ne doit pas être sous-estimée, car il offre une plateforme pour promouvoir des discussions vitales sur le droit international et humanitaire.
Lors d’un entretien accordé à TV5Monde le weekend dernier, la Ministre des Affaires Etrangères de la RDC, Thérèse Kayikwamba Wagner, a souligné la stratégie de la RDC pour ce mandat. Son message principal : l’insistance sur le respect du droit international et du droit international humanitaire, non seulement en ce qui concerne la guerre en RDC, mais également pour tous les conflits à travers le monde. Cette position témoigne d’une volonté affirmée de la RDC de jouer un rôle actif et responsable dans le cadre des discussions mondiales.
Cependant, la ministre a également mis en lumière un défi fondamental : l’écart entre les décisions prises au sein du Conseil de Sécurité et leur mise en œuvre sur le terrain. En citant la résolution 2773, qui mentionne le Rwanda comme pays agresseur, elle met en exergue les limites des mécanismes actuels de l’ONU. Ce constat soulève une question cruciale : comment peut-on garantir que des décisions vitales pour la paix et la sécurité mondiales soient suivies d’effets tangibles ?
L’absence de mécanismes contraignants au sein des Nations Unies représente un véritable paradoxe. Malgré la puissance symbolique et l’autorité morale de l’ONU, le manque d’une « force de frappe » opérationnelle limite son efficacité face aux crises émergentes. Dans un monde où les conflits se multiplient et où les atteintes aux droits humains se font de plus en plus pressantes, il est impératif que la communauté internationale envisage des réformes significatives pour renforcer le pouvoir d’action de l’ONU.
Le retour de la RDC au Conseil de Sécurité pourrait ainsi être perçu comme une opportunité non seulement pour Kinshasa, mais aussi pour les nations subsahariennes de réaffirmer leur voix sur la scène internationale. En mettant en avant des questions de respect des droits humains, d’intégrité territoriale et de coopération internationale, la RDC peut catalyser un mouvement vers un engagement renouvelé en faveur d’une diplomatie proactive et efficace.
Pour la RDC et pour d’autres nations touchées par des conflits prolongés, il est vital d’utiliser cette nouvelle plateforme pour dénoncer les injustices tout en plaidant pour un cadre diplomatique plus robuste qui puisse réellement porter les décisions à des conséquences concrètes. C’est un défi à la fois national et international, nécessitant une coopération solide et un engagement collectif pour bâtir un avenir plus pacifique.
Bref, le retour de la RDC au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies est un moment chargé de promesses et de responsabilités. Ce mandat, bien qu’entouré de défis, offre l’opportunité de renforcer les discussions sur le droit international et de s’attaquer aux questions de mise en œuvre qui freinent souvent l’action humanitaire et diplomatique. La communauté internationale doit s’unir pour soutenir cette démarche et garantir que le dialogue aboutisse à des résultats durables pour la paix et la sécurité mondiale.
La Pros.