Dans une déclaration faisant suite à la dernière sortie médiatique de Patrick Muyaya, Ministre de la Communication et Médias, Porte-parole du Gouvernement, Prince Epenge, porte-parole de la Coalition Lamuka, a réitéré la volonté de cette structure de l’opposition chère à Martin Fayulu, de soutenir l’organisation du dialogue national inclusif qui, selon lui, constitue «la véritable assurance vie face au danger existentiel» qui met en péril des nombreuses vies humaines dans les régions du pays touchées par la crise sécuritaire. «Identifier les causes des crises» que connait le pays en vue d’apporter des solutions idoines pour un retour d’une paix durable dans tout le territoire national ainsi que dans la sous-région des Grands Lacs.
Ci-dessous, l’intégralité de la déclaration
Réaction de Lamuka après la déclaration du Porte-parole de Gouvernement sur la tenue du dialogue national.
« Il suffit de tendre un micro aux congolais de Kinshasa, de l’intérieur du pays comme de la diaspora et ils vous diront que le dialogue n’est pas une option mais une nécessité vitale. Dire que le retard que nous connaissons dans l’organisation du dialogue aujourd’hui est lié au fait qu’il fallait terminer avec le père et avec le fils au Qatar et Washington c’est méconnaitre le fait que le dialogue national est devenu une assurance vie.
Si pour certains Etats, la force de leurs armées ou la détention d’une bombe nucléaire constitue une assurance vie, pour le Congo Démocratique, la cohésion nationale, l’unité nationale, la résistance de son peuple, sont devenues la véritable assurance vie face au danger existentiel.
Pour la Coalition Lamuka et pour l’ADD Congo, le dialogue ne peut souffrir d’aucune conditionnalité. Les enfants du Congo doivent se mettre autour de la table. Indépendamment de nos différences, de nos conceptions et nos colorations politiques, il est prouvé que si nous parlons le même langage, si nous fédérons nos énergies, si nous mettons en commun nos forces, nous allons galvaniser notre armée, nous allons mettre toute la confiance et nous gagnerons à coup sûr tous les défis qui vont se présenter devant nous.
Les crises qui traversent le Congo sont multiples. Evidemment qu’il y a la crise de légitimité, évidemment qu’il y a la crise sociale et évidemment il y a la crise sécuritaire liée à l’agression. Le Congo connait trois grandes crises. Les nier, ce n’est pas faire un bon diagnostic pour apporter la thérapie de choc afin de sortir de ce chaos de manière définitive.
Ne faisons pas l’économie de la réflexion. Nous, Lamuka et ADD Congo, qui avions combattu pendant trois ans pour qu’il y ait dialogue, nous continuons à croire que les autres compatriotes ont des contributions substantielles à apporter pour que nous puissions parvenir à la paix. Et pour cela, nous devons avoir le courage d’identifier les causes des crises que nous connaissons. Et, ces dernières aussi doivent être identifiées pour que nous aboutissions à des solutions idoines une fois pour toute.
Toute logique de nier les évidences, de réguiser une réflexion en profondeur ne pouvant qu’aggraver la situation.
Ce qui se passe sur le terrain, au Nord et au Sud Kivu, est suffisamment dramatique. Ce qui se passe sur le terrain au grand Bandundu est suffisamment grave pour que l’opposition, la majorité et la société civile, nous puissions avoir le courage de prendre le taureau par les cornes.
Monsieur Muyaya a dit ce qu’il a dit. Nous osons croire que ce n’est pas une stratégie de diversion mais une prise de conscience réelle pour que nous puissions tout de suite arriver à organiser ce dialogue que le peuple attend de tous ses vœux.
Il n’y aura pas d’excuses, pas de pardon et de tergiversation. Le peuple va nous juger durement si nous continuons à multiplier des stratégies pour gagner du temps. Entretemps, le peuple, lui, perd la vie chaque jour. »