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Les velléités américaines au sujet du Groenland sont une mainmise sur les minerais sous prétexte de géopolitique des zones d’influence, peuvent altérer les accords de paix en RDC.

Par La Prospérité
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(Par Professeur Florent Gabati)

La volonté du président américain de s’approprier le Groenland inquiète aujourd’hui les européens. Du jamais vu depuis plus de 70 ans dans les alliances atlantiques où un pays membre de l’OTAN en l’occurrence le royaume du Danemark fait l’objet des menaces de la part d’un allié important, les Etats-Unis. Nous nous retrouvons en prenant du recul dans quelque chose sans précédent illustrant une logique de puissance fondue sur le paradigme des zones d’influence où le droit international n’est plus une référence. Les alliances sont traversées par le rapport de force et non plus sous forme de coopération internationale. Prétendre aujourd’hui que le Danemark est incapable d’assurer la sécurité de l’Arctique reste du fantasme pour les experts européens, car le narratif de la présence des sous-marins ou navires russes, chinois ne tient pas.

Contrairement à ce qu’affirme le président américain, il n’y a aucun bâtiment de guerre étranger autour de Groenland. Le royaume du Danemark a déjà donné des gages aux Etats-Unis en achetant des avions de chasse F-16 et en augmentant les capacités de la défense de l’Île par des exercices militaires conjoints entre les pays membres de l’OTAN. Cette problématique de sécurisation de l’Arctique peut trouver des solutions dans le cadre des leviers de l’OTAN puisque le Groenland est un territoire autonome appartenant au Danemark au lieu de menacer des droits de douanes tous les pays qui ne soutiendraient pas les plans de l’administration américaine. Pour les acteurs politiques, experts et peuples du vieux continent le président américain utilise un prétexte de position stratégique pour exploiter les ressources du Groenland riche en terres rares et autres métaux essentiels à l’électronique. Il faut aussi souligner qu’il existe bel et bien un Traité de 1951 entre le Danemark (qui inclut le Groenland) et les Etats-Unis .C’est un accord de défense mutuelle. Est-ce qu’il faut pour sécuriser l’Arctique annexer le Groenland aux Etats-Unis ?

Nombreuses sont les voix qui s’élèvent contre ces plans. Plusieurs républicains plaident ouvertement pour stopper le projet. Le républicain Don Bacon de Nebraska est l’un de ceux qui pensent qu’une tentative de conquête du Groenland pourrait signifier la fin de la présidence du locataire de la Maison-Blanche. Selon le député républicain Bacon : « on ne négocie pas avec des alliés en menaçant d’utiliser la force. C’est très inquiétant pour beaucoup d’entre nous ». Un récent sondage Reuters/Ipsos montre que 17 % des électeurs américains soutiennent seulement le souhait du président américain d’intégrer le Groenland aux Etats-Unis, 4 % sont favorables au recours à la force militaire.

Aujourd’hui il faut féliciter les pays de l’Union européenne qui ont réagi par esprit de solidarité avec le Danemark face à cette menace américaine en déployant dès ce jeudi 15 janvier des militaires. C’est bien un signe politique fort pour ne pas être devant un fait accompli. Face à cette nouvelle donne , les européens envoient des signaux clairs aux Etats-Unis pour ne pas rester des herbivores dans un monde des carnivores et prouver qu’ils ont les capacités d’organiser eux-mêmes la sécurisation du Groenland et que le discours du président américain ne serait pas fondé. Malheureusement les Etats-Unis sont en train de dynamiter l’OTAN et les européens ne sont plus perçus comme des alliés , mais bien comme des vassaux .

Il est évident que dans cette nouvelle hégémonie fondée sur le rapport de force, l’ordre international n’existe plus, l’ONU est piétinée apparaissant aujourd’hui comme une ONG. La violence militaire vient avant la négociation et les puissances prédatrices veulent se partager le monde comme à l’époque de la colonisation.

Nous assistons au retour de l’impérialisme où les intérêts économiques, les accords commerciaux comptent plus que la défense de la démocratie. C’est pourquoi nous exhortons les patriotes congolais de se réveiller de leur torpeur et de ne pas se laisser emporter par ce jeu de dupes à l’instar de ces velléités américaines sur le Groenland. Cela s’inscrit dans une stratégie de faire main basse sur le pactole de ressources minières du territoire autonome appartenant au Danemark. Nous accordons notre satisfecit à ce que son excellence Monseigneur Fulgence Muteba a récemment dit: « tous ces accords sont des accords de fausses amitiés, des accords de coopération déséquilibrée, des accords de convoitise immodérée de nos ressources naturelles. Il est absurde qu’on ne voie en RDC que des minerais à prendre ».

In fine les visées colonialistes que nous observons aujourd’hui ouvrent la boîte de Pandore. Que dire d’une puissance faiseuse de paix qui se meut en actrice déstabilisatrice ? A la lecture de tous ces soubresauts politiques, il y a l’enjeu de la mobilisation de tous les congolais autour du dialogue national inclusif pour sauver notre Patrie. Le retour de l’impérialisme sous toutes ses formes doit nous inquiéter quant à notre souveraineté, au bonheur de nos frères et sœurs congolais. Si les relations transatlantiques sont en train de se dissoudre comme un grain de sable au profit de la géopolitique des zones d’influence où les accords commerciaux demeurent plus importants que la démocratie et le bien-être des populations, il faut craindre que les congolais deviennent des vassaux. Le paradoxe dans toutes ces velléités et accords de

paix : sous le prisme de la paix en RDC ou de la sécurisation du Groenland, la domination par la force en vassalisant les peuples et le pillage de leurs ressources ne règle pas les causes profondes et structurelles des conflits, d’insécurité, à contrario elle engendre une             dynamique qui exacerbe la dépendance illustrant une perversion de l’idéal politique vers une forme de néocolonialisme.

Professeur Florent Gabati

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