La République Démocratique du Congo fait face à un défi majeur : l’instauration d’une culture fiscale solide au sein de sa population. Ce défi se pose avec acuité dans un contexte où le manque de sensibilisation et de compréhension des enjeux fiscaux contribue à perpétuer un cercle vicieux entre l’État et les contribuables. Chaque annonce d’une opération de contrôle fiscal chez les opérateurs du secteur de transport en commun est souvent suivie d’une réaction d’évitement : véhicules garés, activités suspendues, et donc, des objectifs de recettes fiscales inatteints.
Il est primordial de comprendre que le système fiscal n’est pas simplement un moyen pour l’État de collecter des fonds, mais également un outil à même de bénéficier à la société toute entière. L’impôt permet de financer les infrastructures, l’éducation, et les services publics essentiels, contribuant ainsi au développement économique et social. Pour inculquer une culture fiscale, une première étape serait de mener des campagnes de sensibilisation efficaces. Ces campagnes pourraient expliquer clairement aux citoyens l’importance de leur contribution fiscale, non seulement pour le bon fonctionnement de l’État, mais aussi pour leur propre bien-être.
L’éducation représente un axe fondamental. Intégrer des modules sur la fiscalité dans les programmes scolaires permettrait aux jeunes de grandir avec une compréhension des raisons et des mécanismes de la fiscalité. De plus, la mise en place de programmes de formation pour les adultes, notamment pour les entrepreneurs et les travailleurs du secteur informel, pourrait réduire le sentiment d’angoisse face aux contrôles fiscaux.
Un autre élément clé dans la formation d’une culture fiscale est la transparence. Les contribuables doivent être informés sur la manière dont leurs impôts sont utilisés. La publication de rapports détaillés sur les dépenses publiques pourrait renforcer la confiance des citoyens dans l’administration fiscale. Si les Congolais voient que les recettes fiscales sont investies dans des projets bénéfiques, leur volonté de contribuer au système fiscal pourrait augmenter.
Il est crucial de repenser le système fiscal afin de le rendre plus équitable et accessible. Aligner les taxes sur la réalité économique des citoyens, en offrant des incitations à ceux qui respectent leurs obligations fiscales, peut transformer l’image de l’impôt. La mise en place d’un guichet unique pour les déclarations fiscales et le paiement des impôts pourrait également simplifier le processus et encourager la conformité.
Enfin, pour que la culture fiscale prenne racine, un engagement ferme des autorités est indispensable. Les opérations de contrôle ne devraient pas être perçues comme une punition, mais comme une opportunité de dialogue et d’accompagnement. Les institutions fiscales doivent établir des relations constructives avec les contribuables, fondées sur la confiance et l’échange d’informations.
Inculquer une culture fiscale dans la mentalité congolaise n’est pas une tâche aisée, mais c’est une nécessité impérieuse pour l’avenir socio-économique de la RDC. C’est un processus qui nécessite une approche multidimensionnelle, combinant sensibilisation, éducation, transparence, simplification et engagement. En créant un environnement où le paiement des impôts est vu comme un acte civique responsable et non comme une contrainte, la RDC pourra sortir de ce cercle vicieux et œuvrer à un avenir plus prospère pour tous ses citoyens.
La Pros.