Succédant officiellement au Président angolais Lourenço, samedi 14 février 2026, à la tête de l’Union Africaine, Evariste Ndayishimiye, Président du Burundi, prend les commandes dans un contexte régional particulièrement sensible, marqué par la persistance de la crise sécuritaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo, agressé par le Rwanda et ses affiliés de l’AFC/M23. De l’avis de certains analystes, cette nouvelle responsabilité continentale confère à Bujumbura un rôle stratégique dans la coordination des efforts africains en faveur de la paix et de la stabilité dans la région des Grands Lacs.
Une posture historiquement alignée sur Kinshasa
Depuis le regain des tensions armées dans l’Est congolais, le Burundi a adopté une position officiellement favorable au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC. Le Président Ndayishimiye a, à plusieurs reprises, exprimé sa solidarité avec Kinshasa, considérant que l’instabilité dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu constitue une menace directe pour la sécurité régionale.
Au-delà des déclarations politiques, cette solidarité s’est traduite par un engagement opérationnel. Le Burundi a déployé des contingents militaires sur le territoire congolais dans le cadre d’accords bilatéraux, avec pour mission de contribuer à la neutralisation des groupes armés actifs le long de la frontière commune et de prévenir toute infiltration susceptible de déstabiliser son propre territoire.
Une responsabilité continentale
En assumant la présidence en exercice de l’Union africaine, le Chef de l’Etat burundais passe d’un rôle d’acteur régional engagé à celui d’arbitre continental. Cette transition impose une posture d’équilibre diplomatique, tout en maintenant un attachement affirmé aux principes fondateurs de l’UA : respect des frontières héritées de la colonisation, règlement pacifique des différends et rejet des changements anticonstitutionnels.
La crise à l’Est de la RDC constitue ainsi un test majeur pour la nouvelle présidence. Elle interpelle la capacité de l’UA à coordonner les initiatives régionales existantes, notamment celles issues des processus de Nairobi et de Luanda, et à harmoniser les positions des Etats membres face aux accusations récurrentes d’ingérences et de soutiens extérieurs à certains groupes armés.
Un leadership attendu sur le dossier congolais
Pour Kinshasa, la présence à la tête de l’UA d’un dirigeant dont le pays est directement concerné par la stabilité de l’Est congolais pourrait favoriser une attention soutenue au dossier. Toutefois, cette proximité géographique impose également une exigence d’impartialité et de coordination avec les autres mécanismes internationaux impliqués, notamment les Nations Unies et les organisations sous-régionales.
Sous la présidence de l’Union africaine par le Président Ndayishimiye, la question sécuritaire à l’Est de la RDC sera au cœur des priorités continentales.
Ainsi, l’Union Africaine sera engagée à démontrer sa capacité à accompagner efficacement les Etats membres vers une paix durable, fondée sur le respect du droit international et la coopération régionale.

John Ngoyi