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Déguerpis de Pakadjuma : plus de 6.000 ménages déjà installés à Kinkole, Maluku préparé pour accueillir 20.000

Par La Prospérité
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La capitale congolaise vit une séquence humanitaire délicate. Plus de six mille 6.000 ménages déplacés du quartier Pakadjuma ont déjà été installés au site de transit de Kinkole, dans la commune de N’sele dans l’Est de Kinshasa, a annoncé mercredi 25 février 2026, le Ministre provincial de la Santé et Actions humanitaires, Patricien Gongo.

« On compte aujourd’hui plus de 6.000 ménages au niveau du site de Kinkole. Les enregistrements continuent et en même temps le site de Maluku est en train d’être aménagé pour que nous puissions continuer l’opération d’évacuation », a-t-il précisé, donnant le ton d’une opération appelée à s’étendre dans les prochains jours. Au-delà de Kinkole, l’exécutif provincial mise désormais sur un second point de chute : Maluku, autre commune de l’Est de Kinshasa. D’après Patricien Gongo, les travaux d’aménagement y sont très avancés et le site devrait accueillir plus de 20.000 ménages.

« Nous attendons plus de 20.000 ménages au niveau du site de Maluku qui est en train d’être aménagé. Une fois que les travaux seront terminés, nous allons continuer les évacuations », a-t-il insisté.

Des soignants dénoncent un climat d’insécurité

Cependant sur le terrain, l’ambiance n’est pas que logistique. Elle est aussi humaine, et parfois explosive. A l’hôpital général de référence de Kinkole, une infirmière a décrit, au micro de l’ACP, un quotidien devenu pesant pour le personnel et les riverains.

« Nous vivons dans l’insécurité depuis l’arrivée des déguerpis de Pakadjuma dans notre hôpital. Déjà à partir de 19 heures ou 20 heures, il n’est plus possible de sortir sur l’avenue. Ces personnes sortent de l’enclos de l’hôpital la nuit pour commettre des crimes et extorquer les paisibles citoyens », a déclaré Jina Kitambala, appelant l’autorité urbaine à délocaliser ces ménages vers un site plus approprié. Par ailleurs, les élèves de l’Institut technique médical de Kinkole, avaient manifesté contre l’installation d’anciens occupants de Pakadjuma dans l’enceinte de l’hôpital.

Face à ces plaintes, l’Assemblée provinciale de Kinshasa (APK) s’invite dans le débat. Le président de la commission Environnementale, Steve Mulumba, recommande au Gouverneur de procéder, sans tarder, à la relocalisation des déplacés vivant dans l’enceinte hospitalière.

« Il est impératif que les autorités trouvent rapidement une solution pour relocaliser ces personnes vers un nouveau milieu de vie approprié, permettre à l’hôpital de fonctionner normalement et aider les quartiers à retrouver leur stabilité », a-t-il déclaré.

Il appelle ainsi à désengorger Kinkole, protéger la mission hospitalière et calmer une tension qui, si elle s’enracine, risque de se transformer en conflit ouvert entre déplacés et communautés d’accueil.

Sur la question de la cohabitation, le débat est loin d’être uniforme. Le député provincial Richard Mona, élu de N’sele, affirme que le site d’accueil des déguerpis ne saurait perturber les études des élèves de l’Institut technique médical (ITM) implanté dans l’enclos de l’hôpital.

Il rappelle que le site a déjà servi par le passé à héberger d’autres catégories de sinistrés, notamment lors d’épisodes sanitaires et d’inondations, Sans problème. Selon lui, toutes les dispositions ont été prises et la population de Pakadjuma serait placée en quarantaine, en attendant une solution durable.

Mais sur le terrain, entre les assurances institutionnelles et le vécu des agents de santé, la perception du risque reste vive.

Conditions difficiles à Kinkole

Autre facteur de fragilisation, la difficulté à stabiliser les sites de recasement. Le premier sergent Jean-Pierre Bola, commandant chef de poste du commissariat de Pakadjuma, rapporte qu’un premier lot de déplacés avait été conduit vers le site de Bouma à Kimbanseke, avant d’être confronté à un refus des chefs coutumiers, faute de concertation préalable.

Résultat, certains ménages seraient revenus la même nuit, avant d’être redirigés vers Kinkole le lendemain. Ensuite, des récalcitrants refuseraient certains sites en évoquant la surpopulation, des couchages sous tentes et l’absence de prise en charge alimentaire, obligeant chacun à se débrouiller dans un environnement inconnu.

Pour rappel, l’opération d’évacuation fait suite aux démolitions menées lundi 9 février par le gouvernement provincial, visant des constructions anarchiques érigées le long de la voie ferrée à Pakadjuma. L’opération menée notamment, en présence du ministre provincial de l’Environnement Léon Mulumba, avait pour objectif, entre autres, de rétablir et d’améliorer la circulation ferroviaire sur cet axe stratégique, en mettant fin aux occupations illégales.

Nathan Mundele

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