Les millions d’habitants de Kinshasa peuvent pousser un soupir de soulagement. La grève des conducteurs de bus et de taxis, initialement prévue pour ce lundi 30 et mardi 31 mars, a été suspendue à l’issue d’une réunion cruciale tenue ce week-end. L’intervention du Commissaire divisionnaire de la Police pour la ville de Kinshasa, Israël Kantu, a été décisive pour éviter une paralysie totale de la capitale.
Une menace de paralysie écartéeL’annonce de cette grève avait suscité une vive inquiétude parmi la population kinoise, fortement dépendante des transports en commun pour se rendre au travail, à l’école ou vaquer à ses occupations quotidiennes. La perspective de voir les artères de la ville privées de ses bus et taxis laissait présager un véritable chaos logistique et économique pour le début de la semaine.Les syndicats de transporteurs avaient appelé à ce mouvement de protestation pour dénoncer plusieurs griefs, notamment les tracasseries policières récurrentes, la multiplication des taxes jugées illégales et les conditions de travail de plus en plus difficiles pour les conducteurs.La médiation du Général Israël KantuFace à l’imminence de la crise, le Commissaire divisionnaire Israël Kantu a pris l’initiative de convoquer les représentants des conducteurs pour une séance de dialogue. Au cours de cette rencontre, les leaders syndicaux ont pu exposer en détail leurs revendications et le malaise profond qui règne au sein de la profession.Selon des sources proches des négociations, le Général Kantu a fait preuve d’une écoute attentive et s’est engagé à apporter des solutions concrètes et rapides aux problèmes soulevés. Des promesses fermes auraient été faites concernant la lutte contre les interpellations abusives par certains agents de l’ordre et la mise en place d’un cadre de concertation pour revoir la nomenclature des taxes applicables au secteur des transports.Une suspension sous conditionsEn signe de bonne foi et suite aux garanties obtenues, les représentants des conducteurs ont accepté de suspendre le mot d’ordre de grève. « Nous avons décidé de donner une chance au dialogue. Le Commissaire Kantu nous a semblé sincère dans sa volonté de résoudre nos problèmes », aurait confié un responsable syndical à l’issue de la réunion.Cette suspension reste cependant conditionnée à la matérialisation des promesses faites. Les conducteurs resteront vigilants et n’hésiteront pas à réactiver leur mouvement si les engagements ne sont pas tenus dans un délai raisonnable. Pour l’heure, le trafic urbain s’est déroulé normalement ce lundi, évitant à la capitale congolaise deux journées de blocage qui s’annonçaient difficiles.
César Nkangulu