Le Président angolais João Lourenço, égalment président en exercice de l’Union Africaine, a reçu, hier à Luanda, une délégation conjointe de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) et de l’Eglise du Christ au Congo (ECC). Parmi les figures de proue : Mgr Fulgence Muteba Mugalu et Mgr Donatien Nshole, venus porter la préoccupation sur l’aggravation de la situation sécuritaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo.
Cette rencontre, initiée par le chef de l’Etat angolais, n’a rien d’un simple échange protocolaire. Elle intervient dans un contexte où l’Est du pays reste pris dans l’étau d’une insécurité persistante, alimentée par des affrontements impliquant l’AFC/M23, avec, en toile de fond, une crise humanitaire lourde provocant des déplacements massifs, vulnérabilité accrue des populations et pression continue sur les services sociaux déjà fragiles.
A Luanda, l’enjeu d’évaluer la gravité de la situation et chercher des passerelles de sortie de crise. La démarche s’inscrit dans un effort diplomatique angolais soutenu, quelques jours seulement après deux visites du Président Félix Tshisekedi dans la capitale angolaise les 5 et 8 janvier. Ces consultations rapprochées donnent à la séquence une portée particulière. L’Angola veut éviter l’enlisement, maintenir l’attention régionale et internationale, et surtout élargir le champ des options.
Selon les éléments disponibles, Luanda explore des voies complémentaires aux processus en cours notamment ceux cités de Washington et de Doha sans prétendre les remplacer. L’idée est plutôt d’additionner les leviers, de multiplier les canaux, et de construire un espace de dialogue susceptible de rassembler ce que la guerre a dispersé : acteurs institutionnels, forces politiques, relais sociaux et parties prenantes.
Un pari sur l’inclusivité
Dans l’histoire récente de la RDC, les confessions religieuses ont souvent été, faute d’autres passerelles, des intermédiaires crédibles, capables de parler au pouvoir comme à la base, d’écouter les communautés meurtries et de porter des messages au-delà des clivages.
Ainsi, les chefs religieux, promoteurs du « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble », ont réaffirmé à João Lourenço leur disponibilité à collaborer activement aux initiatives en cours.
Nathan Mundele