*Cible d’une nouvelle attaque médiatique marquée par des accusations publiques jugées ‘’infondées et des approximations répétées’’, l’entourage proche de Nicolas Kazadi a choisi de déplacer le débat du terrain de la polémique vers celui du droit. En saisissant formellement la justice, l’ancien Ministre des Finances entend faire établir les responsabilités, clarifier les faits et rappeler que la liberté d’expression, pilier de toute démocratie, ne saurait s’exercer en dehors des exigences de rigueur, de vérification et de respect de l’honneur d’autrui. Cette démarche judiciaire intervient dans un contexte où la parole médiatique, amplifiée par les réseaux sociaux et les plateaux audiovisuels, tend de plus en plus à se substituer à l’instruction des dossiers, exposant ainsi l’opinion publique à des récits approximatifs, voire trompeurs. Au-delà de la personne concernée, l’affaire pose une question de fond sur les limites de la critique publique et sur la responsabilité pénale et morale de ceux qui, sous couvert d’analyse ou d’investigation, formulent des imputations graves sans en rapporter la preuve. La justice est désormais appelée à trancher ce débat, afin de rétablir les faits, de préserver les principes de l’Etat de droit et de rappeler que nul ne peut durablement se soustraire à l’exigence de vérité. In extenso, scrutez une tribune libre à cet effet, engageant pleinement son auteur, et brossant parallèlement, dans sa thèse, toutes les contre-vérités autour de l’ancien argentier national.
Liberté de presse ou diffamation : le cas Israël Mutombo devant la justice
(Par Rhodes Massamba, Journaliste indépendant)
Nous assistons à une dérive inquiétante de la pratique journalistique, où le sensationnalisme prime sur la rigueur des faits. Le 15 janvier 2026, Israël Mutombo s’est empressé d’affirmer sur le réseau social X qu’une correspondance officielle du ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, demandant des poursuites pour corruption contre des membres du cabinet du ministre des Finances (le chargé d’études Trésor Kiala et le conseiller Yannick Isasi), n’était qu’un vulgaire faux. Un verdict péremptoire qui allait pourtant s’effondrer quelques jours plus tard. L’attitude d’Israël Mutombo trahit une propension systématique à se faire le défenseur du ministre des Finances, Doudou Fwamba. Cette complaisance rappelle étrangement son soutien zélé à l’ancien chef de l’IGF, Jules Alingete, notamment lors de la renégociation du contrat Sicomines. Pourtant, les faits sont têtus : loin d’être une réussite, cette révision a amputé le Trésor public de près de 2 milliards de dollars. Pire encore, l’éthique a été sacrifiée sur l’autel du profit personnel, Jules Alingete et une trentaine de membres de la commission s’étant indûment partagé 28 millions de dollars sous couvert de jetons de présence.
À peine cinq jours après ce démenti catégorique, le présentateur de Bosolo na Politik a opéré un virage à 180 degrés. Lors d’une « analyse » télévisée, il a reconnu l’authenticité de la lettre, tentant maladroitement de justifier son erreur par une thèse farfelue d’usurpation d’identité. Ce revirement spectaculaire entame sérieusement la crédibilité de celui qui se revendique journaliste d’investigation, jetant le doute sur la fiabilité de l’ensemble de ses récits. Pour de nombreux observateurs, il s’agit d’une stratégie de distraction de l’opinion face au dossier PayServices Bank, société américaine qui réclame un peu plus de 4,09 milliards de dollars de dollars auprès de la République démocratique du Congo (RDC).
Cette légèreté professionnelle illustre malheureusement une tendance actuelle au Congo : le succès des « chevaliers du micro » qui privilégient le buzz immédiat au détriment de la vérification des sources.
Loin de se contenter de ses propres contradictions, M. Mutombo a choisi de diriger son argumentaire vers une offensive contre l’ancien ministre des Finances, Nicolas Kazadi. Bien qu’il évite parfois de le citer explicitement, le contenu de ses interventions ne laisse aucune place au doute : une charge systématique contre l’ex-argentier national. Cette démarche, teintée de faussetés et d’une méconnaissance flagrante des dossiers, semble davantage relever du règlement de comptes que de l’information.
Cependant, l’impunité a ses limites. Nicolas Kazadi a officiellement porté l’affaire devant la justice. Israël Mutombo devra désormais troquer son plateau de télévision pour la barre d’un tribunal, où il sera sommé d’étayer ses accusations par des preuves tangibles.
Pour illustrer ses griefs, Israël Mutombo a notamment allégué, au mépris des réalités budgétaires : « On a débloqué 400 millions de dollars pour un centre financier servant uniquement de bureaux à deux ministres ». En qualifiant le projet de « montage financier » sorti de l’imaginaire d’un individu, il ignore délibérément la portée stratégique de cette infrastructure. Cette posture soulève une question fondamentale : quel est l’intérêt réel de saboter, par des approximations, un projet validé au plus haut sommet de l’État ?
Un projet d’État face à l’approximation médiatique
Les critiques formulées à l’encontre du Centre Financier de Kinshasa trahissent une méconnaissance profonde d’un projet dont l’impulsion vient du sommet de l’État. Fruit de la coopération bilatérale entre la RDC et la Turquie lors de la visite du président Recep Tayyip Erdoğan en février 2022, ce chantier s’inscrit dans une série d’accords stratégiques. Le groupe turc Milvest a ainsi été chargé des travaux avec un financement de près de 200 millions USD.
Loin d’être une simple bâtisse administrative, ce complexe est un levier de rayonnement international. Il vise à repositionner la RDC comme un hub économique majeur en Afrique centrale, capable de concurrencer des structures comme le Kigali Convention Center. Cet édifice constitue également l’actif d’un fonds d’investissement stratégique créé par Nicolas Kazadi. Paradoxalement, alors que ce projet est l’un des rares piloté directement par Nicolas Kazadi, il fait l’objet d’une campagne de dénigrement qui occulte sa portée diplomatique et économique.
Sur le plan de la transparence et de la gestion, la rigueur a été de mise. Pour assurer un suivi irréprochable, l’ancien ministre a recruté le cabinet français Gemo Management, expert en urbanisme d’envergure. Les accusations de surfacturation ne résistent d’ailleurs pas à l’analyse comparative : le coût au mètre carré négocié pour le Centre Financier est de 1 800 USD, soit pratiquement la moitié des 3 500 USD par mètre carré engagés pour la Tour-F à Abidjan.
Le Centre Financier se définit comme un écosystème moderne et polyvalent. Outre les tours ministérielles (Finances et Budget), il intègre :
- Un Palais des Congrès d’une capacité de 3 000 personnes.
- Un Hôtel 5 étoiles sous l’enseigne Marriott.
- Des espaces de bureaux premium pour les partenaires publics et privés d’envergure.
- Un Data Center de dernière génération et des infrastructures vertes.
Enfin, qualifier de « mensonge » l’existence du projet hôtelier relève d’une légèreté déontologique flagrante. Un véritable travail d’investigation aurait permis de comprendre que l’hôtel Marriott n’est pas une fiction, mais une composante centrale de ce complexe, destinée à accueillir les investisseurs et délégations internationales, renforçant ainsi l’attractivité de la capitale congolaise.
Réfutation des griefs de Doudou Fwamba : Une analyse factuelle
Les sorties médiatiques l’année dernière de l’actuel ministre des Finances, Doudou Fwamba, notamment sur les ondes de Top Congo, ont jeté un voile de suspicion sur la gestion de son prédécesseur, Nicolas Kazadi. En remettant en cause la transparence des contrats liés à l’hôtel Marriott et à la Kinshasa Arena, le ministre semble pourtant ignorer les fondements juridiques et la vision stratégique qui ont dicté ces choix. Une analyse rigoureuse des faits démontre que ces accusations s’effondrent devant la réalité des dossiers.
Le dossier Marriott : Entre méconnaissance technique et confusion
Contrairement aux allégations de M. Fwamba, l’État congolais n’a jamais signé de contrat de concession définitif avec Milvest ou Marriott. Le document existant n’était qu’un accord de principe permettant à l’investisseur d’amorcer ses démarches. Le projet reposait sur le modèle BOT (Build-Operate-Transfer), un standard mondial pour les infrastructures d’envergure.
Les points clés du projet de contrat prévoyaient une structure financière avantageuse pour le Trésor public :
- Investissement privé majoritaire : Si l’État a pris en charge le gros œuvre (6,8 millions USD), cette somme devait être intégralement remboursée par Milvest dès la signature du contrat.
- Financement externe : L’investisseur devait injecter 68 millions USD supplémentaires sur ses fonds propres pour finaliser l’hôtel. L’argent public n’était donc pas le moteur du projet.
- Concession à long terme : Une durée de 49 ans est une norme internationale pour l’hôtellerie de luxe, garantissant le temps nécessaire au retour sur investissement avant la rétrocession de l’actif à l’État.
Si Nicolas Kazadi était resté en place, sans doute que cet hôtel déjà terminé aujourd’hui dans le cadre d’un partenariat public-privé.
Une manne financière durable pour l’État
Prétendre qu’une concession de plusieurs décennies constitue un « cadeau » relève d’une erreur d’analyse. Dans les faits, le contrat garantissait à la RDC des revenus doubles :
- Redevancesdirectes : Milvest devait verser des royalties au ministère des Finances (le taux de 5 % du chiffre d’affaires était défendu par Nicolas Kazadi).
- Fiscalitédedroitcommun : L’exploitant restait pleinement soumis à l’impôt, assurant des rentrées fiscales régulières sans que l’État n’ait à supporter les coûts d’exploitation ou de maintenance.
En somme, ce « mariage financier » de longue durée visait à doter Kinshasa d’une infrastructure de prestige tout en protégeant les intérêts souverains, loin de la caricature d’un accord défavorable suggérée par les critiques actuelles.
Un instrument de souveraineté : Le Fonds d’Investissements Stratégiques (FIS)
Dans l’architecture financière conçue par Nicolas Kazadi, l’hôtel Marriott ne devait pas être une simple infrastructure de prestige, mais le moteur d’un système souverain de réinvestissement. Les redevances d’exploitation étaient destinées à alimenter le Fonds d’Investissements Stratégiques (FIS). Créé avec le soutien du ministère du Portefeuille, ce fonds avait pour vocation de devenir le propriétaire ultime de l’actif, garantissant ainsi à l’État des revenus autonomes et durables pour financer de futurs grands travaux sans l’éternelle dépendance aux bailleurs de fonds internationaux.
Entre modèle émirati et paradoxe congolais
Cette stratégie s’inspirait directement des réussites des Émirats arabes unis ou du Qatar, qui ont su transformer des actifs publics en leviers de diversification économique. Si les dirigeants congolais citent souvent ces modèles en exemple, l’exécution sur le terrain souffre d’un manque criant de constance.
Malheureusement, cette vision ambitieuse a été méthodiquement démantelée. En l’espace de quelques mois, une architecture financière mûrie sur plusieurs années a été sacrifiée sur l’autel du populisme administratif et de l’incompétence technique. Aux réformes structurelles ont succédé des blocages bureaucratiques et des rhétoriques politiques sans fondement.
Le sabotage des réformes : Une entrave au développement
Nous touchons ici au mal profond qui ronge le pays : une propension au sabotage systématique des innovations dès lors qu’elles sont portées par un prédécesseur. Là où d’autres nations construisent sur le temps long, la RDC semble condamnée à défaire ce qui fonctionne au nom de querelles partisanes et de calculs mesquins.
Cette transformation de dossiers techniques en champs de bataille politique est contre-productive. Elle force le gouvernement à agir contre ses propres intérêts et ternit l’image internationale du régime, envoyant un signal de fragilité aux partenaires économiques sérieux.
L’impasse Marriott : Un naufrage administratif et politique
Le chantier de l’hôtel Marriott subit aujourd’hui un coup d’arrêt brutal, conséquence directe d’un pilotage erratique au sommet du ministère des Finances. Ce blocage est exacerbé par une incompréhension manifeste des mécanismes de partenariat public-privé. Lors des échanges avec l’IGF, Jules Alingete a affiché une méconnaissance des principes du modèle BOT (Build-Operate-Transfer), une lacune partagée par son allié Doudou Fwamba. Ce tandem, en mêlant approximations techniques et fausses alertes, a transformé un dossier stratégique en un bourbier administratif dont les effets sont dévastateurs pour l’image du pays.
Un investisseur privé floué au mépris de la parole d’État
L’ironie de cette situation réside dans l’effort consenti par le constructeur Milvest. À la demande expresse du Chef de l’État, et bien que le contrat définitif ne fût pas encore signé au moment du départ de Nicolas Kazadi, l’entreprise a préfinancé le vitrage intégral de la tour pour assurer son inauguration le 18 décembre 2023. Cette opération d’urgence a coûté 3 millions USD, dont un tiers pour le seul affrètement aérien. À ce jour, cette avance n’a toujours pas été remboursée. En laissant un partenaire privé dans cette situation, la RDC écorne gravement sa crédibilité et envoie un signal dissuasif à tout investisseur étranger potentiel.
Réfutation des allégations sur les plaques d’immatriculation
Au-delà des infrastructures, la polémique a glissé sur le terrain personnel avec l’accusation visant l’épouse de Nicolas Kazadi, prétendument bénéficiaire du marché des plaques minéralogiques. Une allégation dénuée de tout fondement selon l’ancien ministre, qui précise que ce contrat remonte à l’ère de Joseph Kabila et qu’il en ignore même le prestataire actuel. Cette attaque illustre la dérive d’un débat technique vers une stratégie de dénigrement familial. Israël Mutombo aura la possibilité de s’en expliquer devant les tribunaux.
Kinshasa Arena : Les chiffres cachent une économie réelle
Concernant la Kinshasa Arena, le narratif d’un projet ruineux et inachevé est contredit par les audits budgétaires. Le coût final a été fixé à 104 millions USD après une renégociation rigoureuse menée par Kazadi auprès de Milvest.
Il convient de rappeler qu’un contrat précédent, signé par Alexis Gisaro avec l’entreprise Summa, portait sur un montant de 175 millions USD. En reprenant ce dossier sur instruction présidentielle, Nicolas Kazadi a permis à l’État congolais de réaliser une économie substantielle de plus de 71 millions USD. Présenter ce projet comme un échec financier est donc une contre-vérité flagrante au regard des sommes initialement engagées par le gouvernement.
Il est désormais établi qu’un versement complémentaire a été effectué sous la direction de Doudou Fwamba. Cette réalité place Israël Mutombo face à un dilemme dévastateur pour son image : soit il accuse implicitement l’actuel ministre des Finances d’avoir décaissé des fonds publics sans aucune avancée physique des travaux, soit il s’est rendu coupable d’un mensonge prémédité pour nuire à Nicolas Kazadi. Dans l’une ou l’autre de ces éventualités, sa crédibilité en tant qu’informateur est définitivement réduite à néant.
La réalité des chiffres : Un préfinancement privé massif
L’argument des « paiements indus » s’effondre face à l’examen de l’état d’avancement des travaux. En juin 2024, lors du départ de Nicolas Kazadi, la société Milvest n’avait perçu que 31,1 millions USD, soit à peine 29,9 % de l’enveloppe contractuelle. Pourtant, sur le terrain, 60 % des infrastructures étaient déjà sorties de terre. Ce différentiel démontre que l’investisseur a largement utilisé ses propres fonds pour pallier les lenteurs administratives, contredisant radicalement la thèse d’un enrichissement sans cause.
Le mythe de la fin des « dépenses d’urgence »
Le récit médiatique actuel tente d’imposer l’idée d’une moralisation des finances publiques depuis le changement de cabinet, en assimilant par ignorance les « dépenses en mode d’urgence » à des détournements. Les statistiques de l’exercice 2025 pulvérisent ce narratif : sous la direction de Doudou Fwamba, ces dépenses ont atteint un record historique de 5 234 milliards de francs congolais (plus de 1,8 milliard USD). Ce montant représente 16 % des ordonnancements totaux, prouvant que ce mode de gestion, loin de disparaître, s’est intensifié.
Une diplomatie critiquée et une justice saisie
Dans ce climat de tension, la visite de l’ambassadeur de France aux studios de Bosolo na Politik a suscité une vive incompréhension. Pour beaucoup, ce soutien apparent à une plateforme diffusant des informations contestées interroge, d’autant que le diplomate avait précédemment honoré des officiers généraux – Tshiwewe, Ntumba et Ndaywel – aujourd’hui poursuivis pour haute trahison.
Face à cette campagne jugée diffamatoire, la famille Kazadi a rompu le silence et entend citer à comparaître M. Mutombo. L’objectif est clair : restaurer son honorabilité face à une série d’imputations dommageables relayées dans l’indifférence générale.
Le cadre légal : Diffamation et cybercriminalité
L’issue de ce conflit reposera sur la stricte application du droit congolais :
- Code Pénal (Art. 75) : La diffamation consiste en l’imputation de faits précis portant atteinte à l’honneur, qu’ils soient vrais ou faux. Cette infraction est passible de peines d’emprisonnement.
- Loi sur la Presse (1996) : Elle rappelle que les journalistes restent soumis aux dispositions du Code pénal en matière de délits de presse.
- Code du Numérique (Art. 360) : Ce texte récent punit sévèrement toute personne propageant de fausses informations via les réseaux sociaux ou tout support électronique par des peines de servitude pénale et des amendes significatives.
La justice congolaise est désormais placée devant sa responsabilité : tracer la ligne entre la liberté de critique et la propagation de contrefaçons informationnelles.