La République Démocratique du Congo entend changer d’échelle dans la prévention et la gestion des catastrophes. Hier mardi 27 janvier 2026, au siège du Ministère de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, le Vice-Premier Ministre Jacquemin Shabani Lukoo a coanimé une conférence de presse avec M. Kamal Kishore, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophes. Au centre des annonces : le lancement de l’initiative “Alerte précoce pour tous” (EW4All).
Dans un pays exposé à une combinaison de menaces : risques climatiques, événements naturels récurrents et risques technologiques, l’ambition affichée est de mettre en place des systèmes d’alerte précoce multirisques, à la fois efficaces, inclusifs et durables, capables de mieux protéger les populations et de réduire l’impact humain et matériel des événements extrêmes.
”Mieux prévenir, mieux gérer, mieux relever”
S’exprimant devant la presse, le Vice-Premier Ministre a annoncé la tenue, le mercredi 28 à Kinshasa, d’un atelier consacré au système d’alerte précoce, présenté comme un tournant attendu dans l’architecture nationale de gestion des catastrophes.
« Nous allons demain lancer un atelier extrêmement important sur le système d’alerte précoce, sur les différents risques de catastrophes. Ce système d’alerte précoce va nous permettre d’avoir une meilleure gestion de tous ces incidents, en termes non seulement de prévention, mais aussi de gestion une fois qu’ils arrivent, de résilience, d’accompagnement de nos populations à se relever à tous ces événements tragiques », a déclaré Jacquemin Shabani.
Derrière ces mots, un message politique : passer d’une logique de réaction à une logique d’anticipation, en outillant l’État et les communautés pour agir avant, pendant et après la catastrophe.
EW4All, portée à l’échelle internationale, se décline en RDC avec des objectifs opérationnels annoncés, qui devraient servir de base à un dispositif national plus cohérent. Parmi les résultats attendus figurent :
– une meilleure coordination nationale des systèmes d’alerte précoce, afin d’éviter les chevauchements, les silos institutionnels et les réponses dispersées;
– l’identification des lacunes existantes, en référence aux quatre piliers de l’initiative EW4All, pour savoir précisément où se situent les urgences (capteurs, données, communication, gouvernance, capacités communautaires, etc.) ;
– l’élaboration d’une feuille de route nationale, appelée à être validée par l’ensemble des parties prenantes, condition essentielle pour une mise en œuvre durable et acceptée.
La conférence de presse conjointe avec le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU souligne l’orientation de travailler avec l’expertise internationale, tout en ancrant l’action dans les réalités nationales.
Nathan Mundele