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Page d’histoire : l’Eglise Catholique

Par La Prospérité
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(Par Thomas Luhaka Losendjola)

Après avoir survolé, dans la précédente page, l’histoire du christianisme avec l’apparition de ses quatre branches ou Eglises (catholique, orthodoxe, protestante et anglicane), nous allons voir aujourd’hui l’organisation de l’Eglise catholique, la première des Eglises chrétiennes en termes de fidèles. En effet, aujourd’hui, l’Eglise catholique revendique environ 1,4  milliards des fidèles baptisés dans le monde. On peut définir l’Eglise catholique comme l’institution qui rassemble tous les catholiques, c’est-à-dire tous les chrétiens qui sont en communion avec le pape et les évêques.

Eglise visible et Eglise invisible

Selon son catéchisme, l’Eglise catholique est composée de deux parties. Une partie visible qu’on appelle aussi l’Eglise militante, qui est sur terre ; l’Eglise militante est constituée de toutes les Eglises particulières ou Eglises locales dirigées par un évêque. En d’autres termes l’Eglise catholique est une association des diocèses. Et une partie invisible qui est au ciel et qu’on appelle l’Eglise triomphante et l’Eglise souffrante. L’Eglise triomphante est l’ensemble des âmes qui sont au paradis. L’Eglise souffrante quant à elle rassemble les âmes qui sont au purgatoire.

Officiellement l’Eglise catholique s’appelle Eglise catholique Apostolique et Romaine, ECAR en sigle. Nous allons voir rapidement la signification de ces différents mots.

1° Eglise

Le mot vient du grec Ekklesia qui veut dire Assemblée. Alors qu’il est utilisé plusieurs fois dans les autres livres du nouveau testament, dans les évangiles, il n’est utilisé que deux fois par l’apôtre Mathieu.

1. Mathieu 16 :18 : « Jésus dit à Simon-Pierre : Tu es Pierre et sur cette Pierre, je bâtirai mon Eglise ».

2. Mathieu 18 :17 : « Si ton frère refuse d’écouter, dis-le à l’Eglise ».

Pour les catholiques, le mot Eglise a au moins deux sens. Premièrement c’est l’institution dans son ensemble qui est considérée comme l’Eglise catholique. C’est le corps mystique du christ. Deuxièmement, on appelle aussi Eglise la réunion des fidèles en un endroit donné. Par exemple, l’Eglise de Butembo.

2° Catholique

Le mot catholique vient du mot grec  » Katholikos  » qui veut dire universel. Pour mieux comprendre l’emploi de ce mot « universel », il faut savoir que dans la culture grecque de l’époque du début du christianisme, l’Ekklesia était une assemblée réservée aux citoyens grecs ; les étrangers y étaient exclus. Par opposition, les évêques chrétiens, en qualifiant leur Eglise de catholique, universel, ont voulu mettre en avant le caractère ouvert de leur Ekklesia, leur assemblée. Toute personne quel que soit sa race, son sexe, sa nationalité … peut devenir membre de cette Eglise universelle. Cet adjectif est mentionné officiellement dans le symbole de Nicée ou la confession de foi chrétienne ; aussi appelée le crédo :

« Je crois en l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique »

3° Apostolique

L’Eglise catholique enseigne que les évêques qui sont les responsables des églises locales (les diocèses) sont les successeurs des apôtres de Jésus-Christ. On avait vu qu’au Ier siècle, lorsque les apôtres créaient les églises locales, ils laissaient à leurs têtes des vicaires, des représentants chargés de veiller sur les troupeaux des fidèles. Veiller, guider se dit en grec Episkopos, qui a donné Evêque en français ; Episkopo en lingala.

L’Eglise catholique apostolique veut dire tout simplement l’Eglise universelle qui continue l’œuvre des apôtres du Christ.

4° Romaine

L’Eglise catholique est dite romaine parce que tous les catholiques considèrent que de toutes les églises locales celle de Rome est la plus importante ou à une préséance sur les autres églises locales. Pourquoi ? Pour une raison simple. Pour les catholiques, l’église de Rome a été créé par l’apôtre Pierre lui-même ; que les catholiques appellent le Prince des apôtres. Donc l’Eglise catholique est appelée Romaine parce que toutes les églises locales se soumettent à l’autorité de l’évêque de Rome, successeur de l’apôtre Pierre. L’évêque de Rome est aussi appelé le Pape. 

Composition de l’Eglise catholique

Il faut savoir que l’Eglise catholique a deux grandes composantes. Nous avons, d’une part, l’Eglise catholique d’Occident, aussi appelée l’Eglise latine parce qu’elle est caractérisée par l’usage des rites latins. D’autre part, il y a des Eglises catholiques Orientales. Elles ont la particularité d’utiliser des rites orientaux. Elles font totalement parties de l’Eglise catholique apostolique  et romaine puisqu’elles sont en communion avec l’Evêque de Rome (le Pape) dont elles reconnaissent la primauté et l’autorité. Les Eglises catholiques orientales sont au nombre de 23 et comptent environ 18 millions des fidèles catholiques, soit environ 1,5% des catholiques dans le monde. Quelques exemples: Eglise catholique copte (Égypte), Église catholique arménienne (Liban), Église catholique chaldéenne (Irak).

On notera aussi qu’il existe des Eglises catholiques indépendantes. Ce sont des communautés des chrétiens  qui revendiquent une succession apostolique, mais ne reconnaissent pas l’autorité du Pape et ne font donc pas partie de l’Eglise catholique romaine.

Structure de l’Eglise catholique

L’Eglise catholique est une institution très hiérarchisée. Elle comprend deux catégories des personnes : les clercs et les laïcs.

Les clercs, appelés aussi ministres, sont les personnes chargées de veiller sur l’Eglise. Ils sont repartis en trois ordres (ou échelons) :

1° Les diacres sont les personnes qui ont franchi la première étape de la consécration. C’est l’étape qui précède la prêtrise.

2° Les prêtres sont des ministres chrétiens ordonnés par un évêque et chargés d’administrer certains sacrements de l’Eglise catholique : l’Eucharistie, la confession, le sacrement des malades …

3° Les évêques qui sont les responsables des églises particulières ou églises locales (Diocèses).

Cette première catégorie de catholiques est aussi appelée le clergé.

La deuxième catégorie des croyants catholiques sont appelés les laïcs. C’est l’ensemble des fidèles catholiques non-ordonnés, c’est-à-dire ceux qui ne font pas partie du clergé : diacre, prêtre, Evêque.

Le sommet de la pyramide catholique est occupé par un évêque spécial, l’évêque de Rome. Il est aussi appelé le Pape ou le Saint-Père.

Nous allons voir maintenant rapidement les titres officiels du Pape et quelques structures du Vatican avant d’en arriver à l’organisation de l’Eglise catholique en République Démocratique du Congo.

1. Le Pape

Pape est un titre et un terme affectueux utilisé pour désigner le chef de l’Eglise catholique apostolique et Romaine (ECAR). Il vient du mot latin Papa qui signifie Père. En réalité, Papa est un acronyme d’une phrase latine:  » Petri Apostoli Potestatem Accipiens. » Qui veut dire «Celui qui reçoit le pouvoir de l’apôtre Pierre.»

Celui qui exerce la fonction de Pape détient 9 titres officiels au sein de l’Eglise catholique.

1. Vicaire du Christ

Le premier titre officiel du Pape consiste à être le vicaire du Christ (en latin vicarius christi), c’est-à-dire le représentant de Jésus-Christ sur terre. Cette fonction résulte de l’interprétation du verset 19 du chapitre 16 de l’évangile de Matthieu ; passage dans lequel Jésus-Christ s’adresse à l’apôtre Pierre : « Je te donnerai les clefs du royaume des cieux : ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux ».

Pour les catholiques, par ces paroles, Jésus-Christ a promis à Pierre de lui donner le pouvoir, symbolisé par les clefs, de gouverner l’Église à sa place, comme son représentant, son vicaire. D’où ce titre de vicaire du Christ donné au Pape.

2. Successeur du Prince des Apôtres

Dans la tradition catholique, l’apôtre Pierre est qualifié de Prince des Apôtres.  Parce qu’il est évident, en lisant les évangiles, que l’apôtre Pierre avait la primauté sur les autres apôtres du Christ. D’où l’origine de ce deuxième titre officiel du Pape de successeur du Prince des Apôtres (en latin successor principis apostolorum), c’est-à-dire successeur de l’apôtre Pierre. L’apôtre Pierre est considéré par les catholiques, comme le premier Pape de l’histoire.

3. Souverain Pontife de l’Eglise universelle 

Le titre de  Pontife provient du fait que Jésus-Christ à confier à l’apôtre Pierre les  fonctions sacerdotales les plus élevées en lui disant ceci dans Jean 21 :15-17 « Pais mes agneaux … Pais mes agneaux … Pais mes brebis. » Donc, en confiant son troupeau à Pierre, le seigneur Jésus-Christ a fait de lui le souverain Pontife (Pontifex Maximus). Ce titre de suprême Pontife peut être aussi traduit par Grand Prêtre. C’est le chef spirituel de l’Eglise catholique.

4. Patriarche d’Occident

En 2006, le Pape Benoit XVI avait fait supprimer ce titre papal parce qu’il ne correspondait plus à la réalité : actuellement le Pape ne gouverne pas seulement l’Eglise d’Occident ou l’Eglise latine ; son autorité s’étend même sur les Eglises Orientales comme nous l’avons vu plus haut. Mais le Pape François 1er a rétabli ce titre en 2024 pour mettre l’accent sur le fait que le Pape reste toujours le patriarche de l’Eglise catholique d’Occident ou l’Eglise latine ; même si son autorité est plus étendue aujourd’hui.

5. Serviteur des serviteurs de Dieu

Ce titre signifie que le Pape est au service de ses frères évêques et de tout le peuple de Dieu. La référence biblique de ce titre officiel se trouve dans Matthieu 20 :26-27 : « Quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur ; et quiconque veut être le premier, qu’il soit votre serviteur. »

6. L’Evêque de Rome

Le Pape est l’évêque de Rome; c’est le chef de l’église locale de Rome (Diocèse). On rappelle que dans la tradition catholique, c’est l’apôtre Pierre qui a fondé l’église de Rome.  C’est à Rome aussi qu’il avait été tué et enterré. C’est qui donne à l’église de Rome un statut spécial. Par conséquent, le cardinal qui devient l’évêque de Rome est aussi, de facto, le Pape de l’Eglise catholique.

7-8. Primat d’Italie et archevêque métropolitain de la Province ecclésiastique romaine.

Un cardinal qui est élu Pape devient aussi de facto Primat d’Italie c’est-à-dire chef de l’église catholique nationale d’Italie, l’équivalent de notre CENCO (Conférence Episcopale Nationale du Congo) et en même temps archevêque de la province épiscopale de Rome. Quelle que soit sa nationalité d’origine. Par exemple, le cardinal Ambongo est actuellement l’archevêque de Kinshasa. Si par hasard, demain il est élu Pape, il cessera d’être l’archevêque de Kinshasa et deviendra automatiquement le Primat d’Italie et l’Archevêque de Rome. En réalité, ces deux titres, Primat d’Italie et Archevêque de Rome, donnés au Pape sont plus honorifiques. Le Pape s’investit plus dans la gestion de l’Eglise universelle que dans les affaires des églises locales d’Italie.

9. Souverain de l’Etat de la Cité du Vatican

Le 11 février 1929, le Saint-Siège et le Royaume d’Italie (à l’époque, l’Italie est un royaume) signent un traité dénommé les Accords de Latran. Le cardinal Pietro Gaspari, secrétaire d’Etat du Pape PIE XI, représente le Saint-Siège et Benito Mussolini, 1er Ministre, représente le gouvernement italien.

Dans ce traité, le gouvernement  confirme que la religion catholique, apostolique et romaine demeure la seule religion de l’Etat italien. Et l’Eglise catholique accepte, de son côté, que la souveraineté temporelle du Pape, c’est-à-dire son pouvoir politique, est désormais limitée dans la seule Cité du Vatican. En d’autres termes, le Pape est désormais le chef de l’Etat de la Cité du Vatican. La Cité du Vatican est un Etat indépendant qui est enclavé dans l’Etat d’Italie ; comme le Lesotho qui est aussi un Etat indépendant enclavé dans l’Etat d’Afrique du Sud.

Et dans les usages protocolaires internationaux, il y a un consensus sur le fait que le Pape est le chef d’Etat qui a préséance sur tous les autres chefs d’Etat du monde entier. Il passe devant le président des États-Unis, de la Russie ou devant le souverain du Royaume-Uni, du Japon…

Donc lors des obsèques du Pape François, des nombreux chefs d’Etat sont venus à Rome pour rendre hommage à leur homologue chef d’Etat, tandis que la majorité des personnes sont venues s’incliner devant la dépouille  du chef spirituel de la plus grande Eglise chrétienne au monde, l’Eglise catholique, apostolique et Romaine. Elle compte aujourd’hui presque 1, 4 milliard des baptisés.                                                                         

A suivre !  

Thomas LUHAKA LOSENDJOLA

Président honoraire de l’assemblée nationale

Ancien vice-premier ministre

Avocat au barreau de Kinshasa-Gombe

Chercheur indépendant

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