Au cours d’un entretien avec le Président Félix Tshisekedi, ce mardi 24 février 2025, à la Cité de l’Union Africaine, Monseigneur Mitja Leskovar, Nonce apostolique, a exprimé l’indignation du Saint Siège par rapport à la situation sécuritaire et humanitaire qui sévit, présentement, dans l’Est de la RDC, suite à l’agression persistante de l’armée rwandaise. Il a présenté sa compassion au Chef de l’Etat pour toutes les conséquences dramatiques enregistrées, mettant en lumière la nécessité, pour les dirigeants, d’engager, désormais, des efforts concertés pour la restauration de la paix. Selon le Représentant du Saint Siège en poste à Kinshasa, un dialogue plus sincère et inclusif se présente, à ce jour, comme le mécanisme idéal et adapté qui puisse offrir la possibilité d’éteindre la flamme de la division et du conflit dans l’Est de la RD. Congo.
‘’Cette situation est complexe, il y a plusieurs acteurs à l’extérieur et à l’intérieur du pays. Le Pape François a toujours exhorté d’arrêter la violence et de se parler », a affirmé le Nonce apostolique au sujet de la situation sécuritaire dans l’Est. Félicitant le Président Félix Tshisekedi pour le succès diplomatique que la RDC a engrangé sur le plan international, Mgr Mitja Leskovar a indiqué que « ce n’est pas avec la force, les armes, la terreur envers la population qu’on peut obtenir la paix. Il faut se réunir autour d’une table avec sincérité ».
Réponse internationale renforcée et coordonnée contre l’agression rwandaise
La situation d’insécurité dans l’Est du Congo-Kinshasa a atteint des niveaux alarmants. La Première Ministre Judith Suminwa a lancé cette alerte, lundi 24 février 2025, devant le Conseil des Droits de l’Homme, lors de la 58ème Session tenue à Genève, en Suisse. Selon elle, plus de 7000 personnes sont tuées par l’armée rwandaise et le M23, de janvier à ce jour. Elle a accusé l’armée du Rwanda, qui occupe, déjà, avec ses complices, Goma, province du Nord-Kivu, et Bukavu, au Sud-Kivu, ainsi que plusieurs zones stratégiques, de maintenir, par la force, son plan d’occupation du territoire national pour y exploiter, illicitement, les richesses.
‘’C’est avec gravité que je m’adresse à vous aujourd’hui, au nom de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, ainsi qu’au nom du peuple congolais… Je voudrais exprimer la gratitude de la RDC à cette Assemblée au regard de la diligence avec laquelle vous avez accepté à notre demande, la tenue d’une session spéciale et l’adoption, à l’unanimité de la Résolution, le 7 février 2025, ouvrant la voie à la mise en place de la Mission d’établissement des faits et de la Commission d’enquête indépendante. Ceci augure un espoir pour des millions de congolais qui sont encore aujourd’hui victimes des agressions répétées du Rwanda. Le Gouvernement de la RDC s’engage à contribuer à la mise en œuvre de cette résolution adoptée le 7 février dernier, notamment en facilitant le travail de la Commission d’enquête indépendante qui sera mise sur pied pour documenter les violations de droits de l’homme et du droit international humanitaire dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu. C’est dans ce même élan que nous voulons saluer l’adoption à l’unanimité de la Résolution du Conseil de sécurité du 21 février 2025, enjoignant clairement le Rwanda de quitter le territoire congolais et de cesser tout soutien au mouvement terroriste du M23. Il en est de même de la Résolution adoptée le 13 février 2025 par le Parlement européen qui a mis en lumière l’exploitation illégale des ressources naturelles par le Rwanda. Nous voulons saluer également la Résolution prise par le Conseil de Paix et Sécurité de l’Union Africaine et espérons des mesures coercitives pour la mise en œuvre de toutes ces recommandations en faveur de la paix. Ainsi, au regard des massacres et des exécutions sommaires qui continuent de perpétrer sur notre sol, nous en appelons à des sanctions dissuasives pour permettre de restaurer l’ordre et la sécurité et protéger ainsi des millions de congolais à Goma, Bukavu et dans d’autres localités sous occupation. Nous continuons à ce jour d’enterrer des morts que nous n’avons cessé de dénombrer et compter. Des millions des déplacés sans abri dans la plupart de camps ont été détruits par les forces d’occupation. La situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo a atteint des niveaux alarmants. Selon les chiffres du Ministère de la Santé, depuis le mois de janvier 2025, le conflit a provoqué entre autres la mort de plus de 7000 compatriotes dont plus de 2500 corps enterrés sans être identifiés et plus de 1500 corps trainent encore dans les morgues. Plus de 215 cas de choléra identifiés et plusieurs cas de Mpox non pris en charge avec risque d’expansion. La destruction de plus de 90 sites d’accueil des déplacés internes, des attaques contre des hôpitaux et entrepôts humanitaires. Plus de 450 mille personnes, selon l’ONU, sont sans abri, nourriture et eau’’, a expliqué le Première Ministre de la RDC’’, a dénoncé, à haute et intelligible voix, la Première Ministre Suminwa.
La Pros.