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ASSECAA : Modeste Bahati a conduit une forte délégation du  Sénat congolais à  Bujumbura

Par Chris Mutombo
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INTERVENTION DE L’HONORABLE PRESIDENT DU SENAT DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO A L’OCCASION DE L’OUVERTURE DE LA 9ème RÉUNION DE CONCERTATION DE L’ASSOCIATION DES SÉNATS, SHOORA ET CONSEILS EQUIVALENTS D’AFRIQUE ET DU MONDE ARABE

– ASSECAA –

Bujumbura, le 19 septembre 2022

Mes remerciements au Président de la République du Burundi EVARISTE NDAYISHIMIYE ainsi qu’au peuple burundais pour l’accueil qui m’a été réservé  ainsi qu’à tous les Sénateurs de ma délégation.

Mes remerciements également à l’endroit du Secrétaire Général de l’ASSECAA et Président du Sénat du Maroc pour l’invitation ainsi qu’au Président du Sénat de la République du Burundi pour l’accueil et surtout les facilités qui nous ont été offertes à moi ainsi qu’à toute la délégation de la République Démocratique du Congo.

J’aurais souhaité qu’on aborda tous les thèmes dans tous leurs aspects : aspect politique et aspect économique, parce comme vous le savez, les deux sont liés.

Vous nous avez demandé d’être brefs, mais si nous voulons faire des choses   solides et sérieuses, il est très difficile parfois de partager la réflexion en deux ou trois minutes. Pourquoi ? Parce que lorsque nous parcourons les recommandations qui ont été formulées, nous constatons qu’il y a des matières qui nous concernent, nous en tant que parlementaires, il y a des matières qui concernent nos gouvernements respectifs et il l y a aussi les matières qui concernent les pays développés ou les grandes puissances.

Qu’à cela ne tienne, je vais tâcher d’être bref, d’abord en ce qui concerne les effets de la pandémie du Corona Virus.

On dit parfois à quelque chose malheur est bon, c’est vrai que ça été un moment douloureux, mais c’était aussi un moment qui a démontré pour nous qui sommes des croyants que, finalement nous sommes tous logés à la même enseigne, c’est-à-dire les pays développés, les pays dits pauvres, face à une catastrophe comme celle-là. On a démontré l’impuissance de l’être humain et d’ailleurs lorsque vous vous referez aux statistiques, vous constaterez que c’est dans ces grandes puissances économiques qu’il y a eu beaucoup de décès, et pourtant ces pays  étaient censés disposer de la logistique nécessaire. Vous avez vu dans certains pays, ils ont manqué où placer les morts. Ils les ont amené même dans des stades et chaque jour lorsqu’on donnait les statistiques à la télévision, c’est comme si on rêvait.

Lorsqu’on nous dit que par jour il y a eu 1000 morts, 2000 morts dans un pays, vous comprenez vous même ce que cela veut dire. Lorsqu’on sait que perdre déjà une seule vie humaine, c’est déjà très dur, mais quand on en perd 1000 ou 2000 morts par jour, vous mesurez l’ampleur de la catastrophe.

Mais, je croyais que cela allait nous servir de leçon, à nous et aux grandes puissances pour qu’on ait   une attitude beaucoup plus solidaire, plus humaniste, de manière à ce que l’on se dise qu’après tout, tout ce que je suis entrain amasser comme richesse, je peux la perdre dans l’espace d’une matinée. Pourquoi ne pas la partager avec le peuple qui en a besoin.

Mais, malheureusement, quelques mois seulement après cette grande catastrophe, nous constatons que l’égoïsme a resurgi et  fait encore son bonhomme de chemin.

Ce que nous devons retenir, nous peuples africains et arabes, ce que nous devons nous sentir interpellés pour que nous puissions changer de mentalité. C’est une des recommandations. Il faut sortir de la domination parce qu’en fait, nous sommes là dans une sorte de domination. Nous avons encore la peur d’être victime des représailles de ce qui nous ont colonisés à telle enseigne que parfois il est difficile de prendre des décisions courageuses.

C’est vrai que le système tel qu’il existe aujourd’hui a été préparé par les grandes puissances pour que ce soit eux qui achètent nos matières premières, qui fixent leurs prix. Donc, il y a là un problème des termes d’échanges. En plus, que nous ne puissions échanger que dans leurs monnaies. Si on n’a pas une monnaie propre à nous, il est difficile de s’émanciper. Aujourd’hui, même vous pouvez vous révolter, nous pouvons nous révolter, mais si nous voulons vendre nos matières premières, nous devons les facturer et si ça doit être payé en dollar, il faut que ça soit validé par le système bancaire américain. Donc, on ne pourra pas recevoir le paiement et on ne peut pas effectuer un transfert. Donc là, cela nous interpelle pour que nous puissions réfléchir sur toutes ces questions.

Je voudrais dire ici que l’ASSECAA a un très grand rôle à jouer et je pense qu’il faudrait que nous voyons dans quelle mesure, notre Secrétaire Général que je remercie et je félicite pour son dynamisme. Je me rappelle qu’à la dernière réunion du Maroc, nous avons formulé des recommandations.

Nous souhaiterions que ces recommandations ainsi que celles de cette réunion  soient transmises aux différents gouvernements de nos pays et en assurer le suivi pour s’assurer de leur application. Parce que, comme vous le savez, notre rôle est d’exercer le pouvoir sur le gouvernement et de cette manière-là que nous pouvons espérer avoir un jour un cadre propre à nous, arabes et africains, en termes de commerce et de monnaie, mais aussi en termes de stratégies politiques et sécuritaires.

Voilà pourquoi, à ce stade, je voudrais  remercier le présentateur, Monsieur BATUNGWANAYO Aloys, qui a bien voulu susciter notre attention pour que nous puissions développer nos idées et peut-être ce que nous ferons, c’est d’envoyer une note au Secrétariat Général de l’ASSECAA pour les recommandations et de manière à ce que nous puissions proposer une voie et que cette fois-ci soient prises  des résolutions qui vont être mises en application.

J’ai dit et je vous remercie.

Sénateur Professeur Modeste Bahati LukweboPrésident du Sénat de la

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