En pleine période de carême, la diaspora congolaise de Libreville s’est réunie à l’Église Saint Michel de Nkembo, dans le 2ème arrondissement, autour de Monseigneur José Likolo. Dans une homélie forte inspirée de l’Évangile Matthieu (23, 1-36), l’évêque de Lisala a livré un message sans détour : abandonner l’hypocrisie, privilégier l’authenticité et faire de l’unité une arme de reconstruction pour les Congolais, tant en diaspora qu’au pays.
C’est une parole exigeante et profondément spirituelle que Monseigneur José Likolo a adressée aux fidèles. S’appuyant sur le chapitre 23 de l’Évangile selon Matthieu, où le Christ dénonce l’hypocrisie des pharisiens, l’évêque a invité ses compatriotes à une introspection sincère.
Dans un ton à la fois pastoral et incisif, il a exhorté les fidèles à « sortir de l’hypocrisie et de la duplicité pour devenir vrais ». Pour lui, la foi ne peut être un simple affichage extérieur : elle doit se traduire par une cohérence entre les paroles et les actes.
Cette interpellation résonne particulièrement dans un contexte où les divisions, les rivalités et les postures d’apparence fragilisent les dynamiques communautaires.
Rompre avec la quête des honneurs : un appel à l’humilité
Au cœur de son message, le prélat a dénoncé avec fermeté la recherche « effrénée des honneurs et des titres », devenue selon lui un obstacle majeur à l’engagement véritable.
« À quoi servent les titres si l’on n’est pas utile aux autres ? », a-t-il martelé, invitant chacun à redonner du sens à l’engagement communautaire.
Dans cette perspective, il a rappelé que la grandeur ne réside pas dans les positions occupées, mais dans la capacité à servir. Une mise en garde qui prend tout son sens dans les organisations diasporiques souvent marquées par des luttes d’influence et des ambitions personnelles.
Face aux défis, l’impératif de l’unité
Dans un contexte sociopolitique sensible en République Démocratique Monseigneur José Likolo a insisté sur la nécessité de « faire bloc » face aux enjeux de l’heure.
« L’union fait la force », a-t-il rappelé avec insistance, appelant les Congolais à dépasser les clivages pour privilégier l’intérêt collectif.
Pour l’évêque, aucune reconstruction durable n’est possible sans cohésion. L’unité apparaît ainsi comme une condition préalable à toute transformation sociale, politique et spirituelle.
Construire la paix intérieure avant de la réclamer
Dans une dimension profondément spirituelle, le message de l’évêque a également porté sur la paix. Mais une paix qui ne saurait être seulement revendiquée à l’échelle nationale.
« Avant de prier pour la paix au pays, commencez par construire la paix dans vos cœurs », a-t-il exhorté.
Cette paix intérieure, selon lui, se manifeste à travers des gestes simples du quotidien : le pardon, la tolérance, la solidarité et le respect mutuel. Autant de valeurs qui, mises en pratique dans les lieux de vie, deviennent les fondations d’une paix durable.
Un message en phase avec une communauté en reconstruction
Ce message arrive à un moment charnière pour la communauté congolaise vivant à Libreville désormais engagée dans une dynamique de recomposition et de nouveau départ.
Dans ce contexte, les paroles de Monseigneur José Likolo apparaissent comme une boussole morale. Elles invitent à refonder la communauté sur des bases saines : vérité, service, unité et responsabilité.
Au-delà de la dimension religieuse, cette homélie prend ainsi une portée sociale. Elle interpelle sur les comportements, questionne les pratiques et propose une voie de transformation.
Entre foi et engagement, un nouveau souffle pour la diaspora
En réunissant les Congolais autour de l’Eucharistie, cette célébration a aussi été un moment de communion fraternelle et de prise de conscience collective.
Elle rappelle que la diaspora n’est pas seulement un espace géographique éloigné du pays d’origine, mais un acteur à part entière de son devenir.
À travers ce message fort, Monseigneur José Likolo invite chaque Congolais à devenir un artisan de paix, un bâtisseur d’unité et un acteur de changement, là où il se trouve.
Car, comme il l’a souligné avec justesse, « la transformation d’une nation commence toujours par la conversion de ses fils et filles ».
F.W/CP